Où est passé Nicolas Sarkozy ?

Enquete · 19 nov. 2007 à 19:02

Sarkozy en retrait

Depuis son élection à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy était sur tous les fronts : hyperactif, hyperprésidence, la presse utilisait tous les qualificatifs possibles pour expliquer son omniprésence médiatique. Avant même de partir aux Etats-Unis il y a deux semaines, Nicolas Sarkozy s'était rendu en personne au Guilvinec pour rencontrer les marins pêcheurs en colère contre la hausse du prix des carburants. Mais depuis le 14 novembre 2007, jour du début de la grève reconductible des cheminots, le président de la République n'intervient plus publiquement. Pourquoi ?

Revue de presse du lundi 19 novembre 2007

- Nouvelobs :Régimes spéciaux : la base ne fléchit pas
- Libération : Cheminots et fonctionnaires font grève commune demain
- Le Figaro : "Le gouvernement ne bougera pas sur les principes" (François Fillon)

Grèves : le service minimum de Nicolas Sarkozy

D'ordinaire omniprésent dans les médias, Nicolas Sarkozy se fait très discret depuis le premier jour de grève, mercredi 14 novembre 2007. Sa dernière intervention publique date de la veille du début du conflit le 13 novembre, c'était au parlement européen. Ce jour-là, le chef de l'Etat avait rappelé sa détermination à aller au bout des réformes. Mais depuis, plus rien. Il a bien rencontré les présidents des entreprises publiques concernées, ceux de la RATP et de la SNCF, mais la rencontre n'a donné lieu à aucune conférence de presse du chef de l'Etat, fait assez inhabituel pour être souligné.

La mauvaise expérience du Guilvinec

Ce silence médiatique s'explique par la mauvaise expérience du Guilvinec. Le 6 novembre dernier, le président de la République s'est rendu en personne sur le port du Guilvinec pour discuter avec les marins pêcheurs en colère contre la hausse du prix des carburants. Nicolas Sarkozy avait essuyé des insultes et répondu à celles-ci par des propos assez inhabituels dans la bouche d'un président. A un manifestant qui avait hurlé "enculé", le président avait répondu "descends un peu venir le dire". Un peu plus tard dans la matinée, le président avait affirmé avec le sourire qu'il arrivait avec le beau temps. Un marin pêcheur a alors lancé en guise de boutade : "En Bretagne, il ne pleut que sur les cons", et Nicolas Sarkozy de lâcher "il doit pleuvoir souvent ici".
Si le président de la République aime ces confrontations de terrain, ces conseillers n'ont pas aimé la séquence où celui-ci a été quelque peu malmené à peu de frais. Cette sortie du président de la République n'était pas nécessaire.

Grèves : Xavier Bertrand au premier plan

Echaudé par l'expérience du Guilvinec, Nicolas Sarkozy n'est donc pas en première ligne pour faire face aux grèves des cheminots. Pour la première fois depuis 6 mois, il a laissé un ministre, en l'occurrence celui du travail, Xavier Bertrand, faire le boulot. Le jeu de rôle est bien huilé : à Xavier Bertrand la négociation et l'ouverture avec les syndicats, à François Fillon la fermeté. Depuis le début du conflit, ce dernier intervient dans les médias pour rappeler que l'allongement de la durée de cotisation à 40 ans est non négociable.

La stratégie d'évitement de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy est donc en retrait. Selon sa stratégie bien connue de l'évitement "un sujet différent toutes les 24 heures", le chef de l'Etat est donc présent sur d'autres terrains ces derniers jours. Mardi 20 novembre, jour de la grève dans la fonction publique, il doit recevoir Hugo Chavez pour s'entretenir sur l'évolution des négociations pour la libération d'Ingrid Betancourt.
Face à tous ces mouvements sociaux, le chef de l'Etat ne tient donc plus à s'exposer inutilement. Mais fidèle à son tempérament, il devrait reprendre l'initiative cette semaine en rappelant les principes de la réforme selon des modalités qui ne sont pas encore arrêtées. En retrait certes, mais jamais très loin, telle à la devise de Nicolas Sarkozy ces jours-ci.

Dossier Grèves

Les mouvements sociaux
- Grèves : les enjeux des négociations en 3 questions
- Grève : le remake de 1995 ?
- Mouvements sociaux : le gouvernement redoute la jonction du 20 novembre
- Mouvements sociaux : les dernières trouvailles de communication de Sarkozy
- Xavier Bertrand, le négociateur du gouvernement
- Fonction publique : un plan de rigueur qui ne dit pas son nom
- Pourquoi les étudiants bloquent-ils les universités ?
- L'UMP tente de riposter sur le net
- François Fillon se prépare à un mois de novembre noir

La réforme des régimes spéciaux
- Qu'est-ce que les régimes spéciaux de retraite ?
- Qu'est-ce que la pénibilité au travail ?
- La méthode Sarkozy pour réformer les régimes spéciaux
- La classe politique divisée sur la réforme des régimes spéciaux de retraite

> Quelques exemples de régimes spéciaux
- Le régime très spécial des militaires
- Le régime spécial des députés
- Les députés ont légèrement modifié leur régime spécial de retraite

> Le cas particulier de la SNCF
- Grève : le remake de 1995 ?
- Retraites : les conducteurs de la SNCF gardent bien un régime spécial
- Quand le président de la République rencontre des cheminots...
- La question du financement des syndicats

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