La classe politique divisée sur la réforme des régimes spéciaux de retraite

Enquete · 11 sep. 2007 à 11:45

Le problème des retraites

L'accélération du calendrier sur la réforme des régimes spéciaux de retraite continue de susciter de nombreuses réactions dans le monde politique et syndical. L'extrême-gauche et une partie de la gauche s'opposent à toute réforme qui augmenterait l'âge de la retraite pour les cheminots et les autres professions concernées. A droite, la réforme fait l'unanimité mais les conséquences dans l'opinion constituent une grande inconnue, à six mois des élections municipales.

Revue de presse du mardi 11 septembre 2007

A la Une de la presse, "Les dangers des régimes" titre Libération. La réforme des régimes spéciaux est à haut risque, plusieurs gouvernements y ont renoncé. Pourtant, "François Fillon annonce la fin des régimes spéciaux de retraite" (Le Monde). Affaibli depuis les défaite à l'élection présidentielle et aux législatives, le Parti Socialiste réplique en ordre dispersé. Si pour Jean-Luc Mélenchon, la réforme est un mauvais coup pour les salariés, certains comme Manuel Valls se montrent favorables à l'allongement de la durée de cotisation. "Le PS se divise sur la réforme des régimes spéciaux" résume Libération. Mais Nicolas Sarkozy se veut prudent et exposera la manière dont il compte opérer. Le Monde rapporte ainsi ses propos : "un peu de méthode ne nuit pas".

Une réforme souvent repoussée

Le problème des retraites est connu : il n'y a pas assez d'actifs pour payer les pensions des inactifs. Le décalage actifs/retraités va aller en s'accentuant selon les prévisions démographiques. Les salariés devront donc travailler plus longtemps pour financer le régime des retraites. Mais le principe de l'allongement de la durée de cotisation passe mal auprès de l'opinion. En 1994, Edouard Balladur a réformé le régime de retraite du privé en faisant passer la durée de cotisation de 37,5 annuités à 40. Il faut attendre la réforme Fillon de 2003 pour que la durée de cotisation des salariés du public passe également à 40 annuités. Mais à chaque fois, les régimes spéciaux ne sont pas concernés par les réformes.

Régimes spéciaux : SNCF, RATP, EDF-GDF

Dans certaines entreprises publiques, le système de financement du régime des retraites est spécifique. Par exemple, à la RATP, l'âge de départ des agents est à 50 ans pour les conducteurs et 55 ans pour les autres alors que pour les salariés des autres entreprises, l'âge légal est de 60 ans pour avoir une retraite à taux plein à condition d'avoir cotisé 40 ans. Autrement dit, un conducteur part à la retraite en moyenne, dix ans plus tôt qu'un autre salarié. Pour ceux qui souhaitent la réforme de ces régimes spéciaux, il s'agit d'un privilège qui doit être supprimé pour sauvegarder le système de financement de ces retraites. Pour les opposants à la réforme, il s'agit d'un acquis social accordé pour compenser la pénibilité de ce type de travail.

Gouvernement Fillon : le service minimum avant la réforme des régimes spéciaux

Si les régimes spéciaux n'ont jamais été réformés, c'est essentiellement lié à la pression qu'exercent les syndicats de cheminots sur les gouvernements. Leur capacité de blocage de tous les transports en commun et la paralysie que cela entraîne, a toujours dissuadé le pouvoir exécutif de réformer ces régimes spéciaux. Pour tenter d'échapper à cette pression, le gouvernement Fillon a donc fait voter pendant l'été la loi sur le service minimum qui instaure un service de transport même en cas de grève pour éviter le blocage total.

Régimes spéciaux : Sarkozy temporise, la gauche est divisée

Nicolas Sarkozy avait promis cette réforme mais il tente de temporiser en annonçant qu'il allait procéder avec méthode. Pour éviter l'affrontement frontal, il compte mener une diversion : réformer les régimes spéciaux, notamment pour revaloriser les salaires des retraités agricoles. En procédant ainsi, il espère obtenir le soutien de la population.
En attendant, le gouvernement peut compter sur le soutien inattendu de certains responsables du Parti Socialiste. Manuel Valls et Arnaud Montebourg se sont montrés favorables à la réforme des régimes spéciaux. Pour autant, les résistances contre la réforme s'annoncent fortes.

*** Liens

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