Belle-Amie : un portrait à charge de Rachida Dati

Livres politiques · 16 fév. 2009 à 23:14

Belle-Amie, Rachida Dati

Depuis son arrivée au devant de la scène, d'abord comme porte-parole du candidat Sarkozy à la présidentielle puis comme ministre de la Justice, Rachida Dati n'a cessé de titiller la curiosité des journalistes et de fasciner les médias. D'abord présentée comme une jeune femme ambitieuse issue de l'immigration et des quartiers populaires, Rachida Dati est ensuite tombée en disgrâce. Il y a un mois, lors du mini-remaniement ministériel, François Fillon a annoncé que la garde des Sceaux qui a soulevé de nombreuses polémiques ces derniers temps - la dernière étant l'identité du père de son enfant récemment née - démissionnerait pour se présenter en deuxième tête de liste UMP en Ile de France. Les journalistes Michaël Darmon et Yves Derai (également éditeur) ont profité de l'occasion pour publier un livre à charge contre la ministre, intitulée Belle-Amie.


On a lu pour vous "Belle-Amie". Résumé en 4 épisodes.

Episode 1 : Une ministre paresseuse

Belle-Amie

Pourquoi un tel sobriquet ?

Rachida Dati ressemblerait à ces personnages que Balzac et plus encore Maupassant auraient décrits dans leurs romans qui dénoncent l'arrivisme de jeunes premiers prêts à toutes les compromissions pour réussir dans la société. Ainsi, Rachida Dati serait un Georges Duroy, personnage donnant le titre du célèbre roman de Maupassant Bel-Ami, audacieuse, séductrice et dévorée par l'ambition. Elle aurait pour elle les qualités indispensables à toute personne issue des milieux défavorisés pour réussir dans la société parisienne. Elle aurait su séduire les bonnes personnes pour se faire introduire dans des lieux réservés aux happy few comme Albin Chalandon ou Simone Veil et se faire ainsi remarquer. Elle n'aurait pas hésité à envoyer des lettres d'admiration aux intellectuels ainsi qu'aux artistes et chanteurs les plus en vue afin d'attirer leur sympathie.
Elle aurait un certain goût pour la manigance et l'intrigue. C'est ainsi qu'elle aurait joué un rôle certain entre Cécilia et Nicolas Sarkozy du temps de leurs séparations. Elle aurait échangé avec la femme du candidat à la présidentielle de précieux textos sur le comportement à adopter. C'est grâce à son jeu d'entremetteuse qu'elle aurait ainsi obtenu un ministère régalien.
Bien avant cet épisode, les journalistes rapportent que c'est grâce au forcing que Belle-Amie est parvenue à s'introduire dans le cabinet de Nicolas Sarkozy. Elle aurait soudoyé les secrétaires en leur offrant divers petits cadeaux pour connaître les réunions où elle peut retrouver le ministre ou bien récupérer des notes ministérielles qui ne lui sont pas destinées... Bref, Rachida Dati tente tout ce qu'elle peut pour être présente aux occasions opportunes et ne pas être oubliée. Quand elle est nommée porte-parole du candidat Sarkozy avec Xavier Bertrand, Brice Hortefeux fulmine : « on sait très bien comment elle a progressé, de piston en piston. De ce point de vue, c'est une grande pro. Mais pour le reste, c'est le vide absolu ». Belle-Amie ne serait donc pas « la beurette apeurée et travailleuse, une posture savamment étudiée », « tout a été calculé, organisé, arraché ou dérobé ».

Rachida Dati, la reine des fainéants

Si l'on croit Michaël Darmon et Yves Derai, Rachida Dati serait une véritable imposture. Ce ne serait pas grâce à son travail qu'elle serait parvenue au sein du gouvernement mais par ses manigances. Fainéante, tel serait l'adjectif qui qualifierait le mieux la garde des Sceaux, à quoi l'on ajouterait volontiers hystérique. Car Rachida Dati, en plus de déléguer son travail à ses différents collaborateurs, ne se priverait pas de les insulter, y compris en public, en cas d'insatisfaction.
Le premier chapitre « La trouvaille du siècle » s'ouvre sur un échange entre le directeur de cabinet du ministère de l'Intérieur, Claude Guéant et la conseillère technique Rachida Dati. Celle-ci se ferait tapée sur les doigts parce qu'elle utiliserait le nègre de Nicolas Sarkozy pour écrire ses notes, sous prétexte que celui-ci serait plus doué qu'elle. A de nombreuses reprises, les journalistes Michaël Darmon et Yves Derai tendent à montrer combien Rachida Dati compte sur la bienveillance des uns et des autres pour lui épargner la moindre peine. Plus loin dans le livre, un anonyme confierait : « Rachida n'a pas la rigueur des énarques, elle n'a jamais su écrire une note ou un amendement. Tout le monde le savait, c'était une donnée ».
D'autres anecdotes rapportées par les journalistes montrent qu'elle ne comprend pas les affaires dont elle est en charge et les témoins, toujours anonymes, prétendent qu'elle ne connaît pas les dossiers ou ne les a pas suffisamment travaillés. Lors d'une discussion à l'Assemblée nationale, en décembre 2006, elle est chargée de présenter un projet du ministre de l'Intérieur, mais elle semble dépassée : « elle ne travaillait pas, [affirme un membre de l'équipe Sarkozy] c'était une donnée avec laquelle nous devions composer ».



Michaël Darmon, Yves Derai, Belle-Amie, Edition Du Moment, février 2009

*** Liens

Belle-Amie
1. Belle-Amie : un portrait à charge de Rachida Dati
2. Une ministre incompétente donc agressive avec ses collaborateurs
3. Une séductrice, intrigante et souvent ingrate
4. Comment Rachida Dati est devenue ministre de la Justice

Rachida Dati, ministre de la justice
- Portrait de Rachida Dati
- Comment la presse a raconté les coulisses de l'éviction de Rachida Dati
- Rachida Dati a fait exploser le budget de fonctionnement de son ministère
- Rachida Dati a-t-elle des "conseillers fantômes" en charge de sa communication ?
- Quand Rachida Dati énonce des chiffres fantaisistes sur France 2 à propos de la délinquance
- Quand Rachida Dati invente un mineur multirécidiviste pour justifier sa politique
- Luxe et politique : Yves Saint Laurent réclamait 39 000 euros à Rachida Dati
- L'affaire du diplôme de Rachida Dati : les pressions sur la presse

Les vidéos-buzz de Rachida Dati
- Vidéo : Que fait Rachida Dati au cours d'une séance du Conseil de Paris ?
- Vidéo : Quand Rachida Dati et Françoise de Panafieu parlent de Jean-Louis Borloo
- Vidéo : Rachida Dati semblait un peu trop décontractée dans les jardins de l'Elysée
- Rachida Dati sur France 24 : la vidéo "hors antenne" qui illustre la proximité avec une journaliste

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