Rachida Dati a fait exploser le budget de fonctionnement de son ministère

Enquete · 27 mar. 2008 à 19:28

Rachida Dati

Officiellement, les caisses sont vides. Mais visiblement, elles ne le sont pas pour tout le monde. Alors que les magistrats se plaignent régulièrement du manque de moyens de la justice, Mediapart (journal en ligne fondé par Edwy Plenel, ancien rédacteur en chef du Monde) révèle dans un article intitulé "Les folles dépenses de la ministre Rachida Dati" que le budget de fonctionnement du ministère de la justice a littéralement explosé depuis 2007 : multiplication des réceptions, additions records au restaurant, frais de maquillage, la note commence à être salée. Le dérapage budgétaire est si important que le contrôleur financier de la Chancellerie, chargé de valider les notes de frais, n'hésite plus à refuser certaines factures. Explications.



Mediapart : Les folles dépenses de la ministre Rachida Dati

Mediapart et les dépenses de Dati

Le budget de fonctionnement du ministère de la justice dérape...

Selon le budget prévisionnel géré par la Direction de l'administration générale et de l'équipement (DAGE), les frais de réception du ministère de la justice se sont élevés à 210 000 euros pour l'année 2007. Selon Mediapart, "moins d'un quart de cette somme avait été dépensé entre janvier et mai par Pascal Clément, le prédécesseur de Rachida Dati".
Dès l'arrivée de la ministre Place Vendôme, les dépenses de réception ont donc littéralement explosé pour atteindre la somme record de 270 000 euros à la fin de l'année, soit 60 000 euros de plus que le budget prévisionnel. Et l'année 2008 a commencé sur le même rythme : selon plusieurs sources, sur les trois premiers mois de l'année, le ministère de la Justice aurait déjà dépensé plus de 110 000 euros en frais de réception alors que le budget prévisionnel pour toute l'année 2008 s'élève à 180 000 euros. Pour tenir jusqu'à la fin de l'année, une rallonge de près de 100 000 euros aurait été décidée.

Le retour des fameux "frais de bouche"

Depuis la fin des fonds secrets, il est plus difficile de cacher les dépenses des ministères, c'est la raison pour laquelle le montant exact des "frais de réception du garde des Sceaux" est connu. On en sait donc un peu plus sur la nature de ces dérapages budgétaires. Ainsi, le 21 juin 2007, le ministère a organisé une manifestation dans les jardins de la Chancellerie pour la fête de la musique. Les frais de bouche se sont élevés à plus de 25 000 euros. Un mois plus tard, le 13 juillet, la Garden party du ministère de la justice a coûté plus de 50 000 euros en frais de réception.
A ces dépenses fastueuses s'ajoutent des notes de frais plus classiques mais non moins élevées. Mediapart en a relevé quelques-unes : le 10 décembre 2007, la ministre de la justice a invité au restaurant certains collaborateurs pour les fêtes de fin d'année avec à la clé une addition record : 1730 euros. Des buffets sont régulièrement organisés au ministère. A chaque fois, de grands traiteurs sont sollicités et les dépenses dépassent les 5 000 euros. Deux grands buffets ont déjà eu lieu depuis janvier selon Mediapart.
Pour la journée des femmes du 13 mars, la ministre a invité 250 femmes du monde judiciaire au ministère. Le Syndicat de la Magistrature s'était alors plaint du coût exorbitant de cette opération de communication.

L'embarras du ministère

Joint par Mediapart, le ministère de la Justice confirme à demi-mots les rallonges budgétaires, tout en minimisant le montant des dépenses. Selon les services de Rachida Dati, l'accélération des dépenses de ces trois derniers mois serait liée à l'accumulation habituelle des réceptions pour les voeux de début d'année.
En réalité, il y a bien un dérapage budgétaire, comme le prouvent certaines notes de frais plutôt surprenantes. Ainsi, des dépenses de collants et de maquillage feraient partie des notes de frais. Si le montant des dépenses personnelles de la ministre reste marginal, il en dit long sur l'état d'esprit qui règne au ministère de la Justice. Faute d'avoir tenu compte des multiples alertes émanant du ministère de l'économie, Rachida Dati doit désormais affronter la polémique suite aux fuites dans la presse.

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