David Martinon, portrait de l'ancien conseiller de l'Elysée devenu consul général de France

Thematiques · 2 avr. 2009 à 16:21

Portrait de David Martinon

Tous les matins, à 8h30, se tient une réunion dans le salon vert, à l'Elysée, autour de Nicolas Sarkozy. C'est la réunion la plus importante de la journée, là où se prennent toutes les décisions. Nicolas Sarkozy y définit la stratégie du pouvoir à l'aide de douze conseillers. C'est le gouvernement bis. Autour de la table, on trouve Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, Henri Guaino, la plume du président, Catherine Pégard, l'ancienne rédactrice en chef du Point, conseillère politique, Emmanuelle Mignon, la conseillère spéciale, Jean-David Levitte, conseiller diplomatique, Cédric Goubet, chef de cabinet, Raymond Soubie, conseiller social, Jérôme Peyrat, conseiller politique, Patrick Ouart, conseiller à la justice et Franck Louvrier, conseiller en communication, Xavier Musca, secrétaire général adjoint. Tous ont la confiance du président. Portraits de ce gouvernement de l'ombre.

Série 12/12 : David Martinon, le douzième homme de la réunion (2007-2008)

Elysée, la réunion de 8h30

Un énarque spécialisé dans la communication

David Martinon est né le 13 mai 1971 à aux Pays-Bas, à Leyde au sein d'une famille traditionaliste. Adolescent, il fréquente les boîtes de nuit parisiennes adeptes de hard rock. Il fait ses études à Paris, intègre Sciences Po puis l'Ena. Très jeune, il s'engage en politique, non pas à droite, mais au centre. Appréciant la politique menée par Alain Madelin, il fait ses armes en tant que stagiaire au service de presse de l'UDF. Il se spécialise alors en communication et débute comme chargé de communication aux « États généraux de l'opposition » en 1990. Il est ensuite nommé conseiller en communication politique et marketing électoral à la société Acte Public Communication de 1991 à 1994.
L'année suivante, le ministre de la Défense, François Léotard, l'engage comme chargé de mission pour la communication. C'est cette année-là qu'il travaille aux côtés de Nicolas Sarkozy, tous deux chargés de s'occuper de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur.
David Martinon entre ensuite au ministère des Affaires étrangères et devient entre 1998 et 2001 adjoint au porte-parole du Quai d'Orsay, alors dirigé par le socialiste Hubert Védrine puis rédacteur à la Direction de la coopération européenne.

De simple conseiller au poste de porte-parole de l'Elysée

En 2002, quand Sarkozy est élu ministre de l'Intérieur, il appelle David Martinon à ses côtés en tant que conseiller diplomatique. Il est notamment chargé de la fermeture du centre de réfugiés de Sangatte. Lorsqu'il est nommé au ministère de l'Economie, de nouveau, Nicolas Sarkozy pense à David Martinon pour occuper le poste de conseiller technique pour les affaires internationales et européennes.
Très proche de Cécilia Sarkozy, il parvient à obtenir un poste clé dans la campagne du candidat UMP à la présidentielle de 2007. Celle-ci lui propose en effet de devenir le chef de cabinet de sa campagne. Une fois élu Chef d'Etat, Nicolas Sarkozy nomme David Martinon porte-parole de l'Élysée.

Une carrière politique avortée

Alors que les différents membres du gouvernement cherchent à se présenter aux élections cantonales ou municipales en mars 2008, David Martinon se présente en tant que candidat UMP à la mairie de Neuilly-sur-Seine, ancien fief de Nicolas Sarkozy. Il reçoit son soutien le 30 septembre 2007. Mais les Neuilléens protestent fermement contre la candidature d'un homme qui n'habite pas Neuilly et se sert simplement de ce mandat comme d'un tremplin pour s'élever plus vite dans les sphères politiques. Très vite, David Martinon perd le contrôle et ne parvient pas à se faire accepter ni même écouter lors des meetings. Nicolas Sarkozy le met alors à l'écart et ne souhaite pas sa présence lors des voyages officiels. Le 10 février 2008, certains membres de sa liste électorale se désolidarisent pour en former une autre, parmi eux, le fils du président, Jean Sarkozy lâche le porte-parole de son père. Le lendemain, David Martinon retire sa candidature à la mairie de Neuilly et veut soumettre sa démission au Chef d'Etat qui dans un premier temps la refuse. Lundi 17 mars, au lendemain des élections, David Martinon est définitivement écarté de l'Elysée.
En l'espace d'une campagne électorale, David Martinon a donc tout perdu. Alors qu'il allait hériter de la mairie du président de la République et donner à sa carrière politique une légitimité démocratique, le conseiller de l'Elysée a d'abord été écarté des municipales, avant d'être écarté de l'Elysée. Pendant un temps, ce proche de Cécilia Sarkozy devra donc mettre sa carrière politique entre parenthèse.

Consul général de France à Los Angeles

Si David Martinon a été évincé de la scène politique après son échec des élections municipales, il a pu trouver une issue fort confortable. Dans un premier temps, il espérait être nommé consul général de France à New York. Mais le conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy, Jean-David Lévitte, s'y est opposé, sous prétexte que Martinon n'avait pas assez d'expérience pour ce poste. Finalement, celui-ci a été nommé Consul général de France à Los Angeles (poste moins prestigieux). Pendant quelque temps, David Martinon hésite, n'est pas certain de vouloir partir de l'autre côté de l'Atlantique pour accepter ce poste à Los Angeles. Il est d'autant moins pressé d'ailleurs que l'Elysée continue de lui verser son salaire de porte-parole, comme l'indique Capital. Finalement, c'est à l'été 2008 qu'il débarque à Los Angeles. En France, cette nomination soulève la polémique : nombreux sont ceux qui ne comprennent pas que David Martinon ait pu obtenir un poste si convoité par les fonctionnaires du ministère des Affaires étrangères alors qu'il a échoué à la fois à la Mairie de Neuilly et à l'Elysée.
Depuis le 18 août 2008, David Martinon vit aux Etats-Unis et ne fait plus parler de lui en France. En mars 2009, Le Point révèle que le diplomate français possède une voiture de fonction luxueuse : une jaguar. L'anecdote fait grand bruit mais David Martinon dénonce une brève malveillante car la location de ce véhicule avait été décidée par ses prédécesseurs.

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