Jean-Marie Le Guen, le spécialiste des questions de santé au PS

Thematiques · 7 déc. 2007 à 22:46

Jean-Marie Le Guen

Portrait de Jean-Marie Le Guen
A 55 ans, Jean-Marie Le Guen n'est pas un novice en politique. Pourtant, il reste assez inconnu du grand public. Discret, plutôt rare dans les médias, cet ancien médecin a fait toute sa carrière en tant que député de Paris. De tendance social-démocrate, il fait partie de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Kahn. Depuis le départ de celui-ci pour le FMI, Jean-Marie Le Guen peut désormais jouer sa carte personnelle, même s'il n'est pas le mieux placer pour prendre le leadership des Strauss-khaniens. (Série 12/20)


Pendant deux mois, Politique.net propose une série de 20 portraits de personnalités politiques du Parti Socialiste qui pourraient compter dans un avenir proche. La victoire de Ségolène Royal lors de la primaire socialiste en 2006 avait montré l'envie des militants de tourner la page des Eléphants du PS. Exit Jospin, Fabius, DSK, Hollande. En 2008, un congrès exceptionnel doit se tenir pour désigner le successeur de François Hollande. Qui va prendre le contrôle du PS ?

Vingt ans de responsabilités au sein de la MNEF

Jean-Marie Le Guen est né le 3 janvier 1953 à Paris. Parallèlement à ses études de médecine, il devient à 26 ans vice-président de la MNEF, la Mutuelle Nationale des Etudiants de France créée en 1948 pour gérer le régime de sécurité sociale étudiant. Entré à la MNEF en 1979, Jean-Marie Le Guen va y garder des activités jusqu'en 1997. Embauché en 1982 comme directeur médical, il prend un tiers-temps en 1988 lorsqu'il est élu député de Paris et devient conseiller du directeur général. Battu aux législatives de 1993, il récupère alors son poste à temps plein à la MNEF. De 1982 à 1997, il a figuré dans tous les organigrammes de la mutuelle et siégé dans ses principales instances de direction. Lorsque l'affaire des emplois fictifs de la MNEF éclate en 1999, ses amis politiques Jean-Christophe Cambadélis et Dominique Strauss-Kahn sont inquiétés par la justice. Mais Jean-Marie Le Guen, un temps éclaboussé par la rumeur, parvient à démontrer qu'il n'avait rien à se reprocher.

Député de Paris depuis 1988

Parallèlement à ses activités de directeur médical à la MNEF, Jean-Marie Le Guen milite dans la fédération de Paris au Parti Socialiste. En 1988, il est suppléant de Paul Quilès qui se présente aux élections législatives dans la 9ème circonscription de Paris. Mais puisque Paul Quilès est nommé Ministre des télécommunications et de l'espace dans le gouvernement Rocard, c'est Jean-Marie Le Guen qui siègé à l'Assemblée. A Paris, il prend la tête de la fédération socialiste.
A l'Assemblée Nationale, Jean-Marie Le Guen prend progressivement toute sa place. En tant que médecin, il devient spécialiste des questions de santé à l'Assemblée Nationale pour le groupe socialiste. Au cours de ses mandats successifs, il a notamment présidé la mission parlementaire sur la grippe aviaire, et a été nommé vice-président de l'office parlementaire d'évaluation des politiques de santé, ainsi que membre titulaire du Haut Conseil pour l'avenir de l'Assurance maladie.

Un homme politique discret mais efficace

Jean-Marie Le Guen est un homme politique discret, peu médiatique. Pourtant, dans la fédération socialiste de Paris, il est incontournable. Elu député dès 1988, il a également exercé les fonctions de Conseil municipal et conseiller général de Paris (de 1989 à 2001), de Conseil régional d'Ile-de-France (de 1992 à 1997). Proche de Lionel Jospin, Jean-Marie Le Guen s'est peu à peu rapproché de Dominique Strauss-Kahn avec qui il partage une vision social-démocrate du réformisme socialiste.

Un Strauss-khanien sans DSK

Après le départ de Dominique Strauss-Kahn au FMI, les Strauss-khaniens se retrouvent orphelins de leur leader mais comptent bien peser dans les débats internes au PS. Dans ce courant social-démocrate, Jean-Christophe Cambadélis semble en meilleure position pour s'imposer comme leader naturel. Mais délié de toute fidélité à l'égard d'un DSK parti aux Etats-Unis, Jean-Marie Le Guen peut également jouer sa propre participation pour franchir une étape supplémentaire dans sa carrière politique.



*** Quelques sources...
- "Vingt ans de responsabilités au sein de la MNEF", Le Monde, 24 novembre 1999
- Pascale Robert-Diard, "Le sacrifice de M. Le Guen", Le Monde, 18 mars 1990
- Michel Noblecourt, "Jean-Marie Le Guen quitte la direction du Parti socialiste à Paris", Le Monde, 24 novembre 1999
- Pascale Robert-Diard, "C'était la génération Mitterrand", Le Monde, 23 mars 2006
- Isabelle Mandraud, "Le départ de M. Strauss-Kahn bouleverse le jeu au sein du PS", Le Monde, 12 juillet 2007

*** Liens

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