Aurélie Filippetti, la plus proche conseillère de Ségolène Royal

Thematiques · 19 nov. 2007 à 22:02

Aurélie Filippetti

Portrait d'Aurélie Filippetti
A 34 ans, Aurélie Filippetti est l'une des rares femmes faisant partie de la jeune garde montante du Parti Socialiste. Transfuge des Verts, elle s'est mise au Service de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle. En juin dernier, elle a réussi à se faire élire députée de Moselle. En cas de victoire de Ségolène Royal au congrès du PS de 2008, Aurélie Filippetti pourrait occuper un poste important à la direction du PS. (Série 9/20)


Pendant un mois, Politique.net propose une série de 20 portraits de personnalités politiques du Parti Socialiste qui pourraient compter dans un avenir proche. La victoire de Ségolène Royal lors de la primaire socialiste en 2006 avait montré l'envie des militants de tourner la page des Eléphants du PS. Exit Jospin, Fabius, DSK, Hollande. En 2008, un congrès exceptionnel doit se tenir pour désigner le successeur de François Hollande. Qui va prendre le contrôle du PS ?

Origines et formation

Aurélie Filippetti est née le 17 juin 1973 à Villerupt en Lorraine. Son père, immigré italien qui a travaillé dans les mines, était délégué CGT et militant communiste. Elle a grandi, à Audun-le-Tiche, en face d'une usine de sidérurgie. Issue d'un milieu populaire, Aurélie Filippetti doit son ascension sociale à ses études. Elle quitte sa région après son bac pour entrer à l'École normale supérieure de Fontenay - Saint-Cloud. Elle en sort avec une agrégation de Lettres classiques et entame sa carrière d'enseignante en tant que professeure remplaçante dans des collèges de banlieue.
Elle reste très attachée à ses racines et à une histoire familiale qu'elle a romancé dans un livre intitulé "Derniers Jours de la classe ouvrière" paru en 2005.

Un début de carrière politique chez les Verts (1999-2006)

Bien qu'ayant choisi une carrière d'enseignante, Aurélie Filippetti a d'autres ambitions. En 1999, après la campagne européenne de Daniel Cohn-Bendit, elle entre en politique en adhérant au parti des Verts. En 2001, elle est repérée par Yves Cochet, ministre de l'écologie dans le gouvernement Jospin, et devient "conseillères spéciale". La même année, elle se fait élire conseillère municipale au côté de Lyne Cohen-Solal dans le 5ème arrondissement de Paris. En 2002, elle se présente aux élections législatives et obtient 6,5%.
En 2006, dans la perspective des législatives de 2007, elle souhaite revenir dans sa région natale et demande aux Verts l'investiture dans la circonscription de Longwy. Mais les responsables verts rejettent sa demande. Trop ambitieuse et trop fonceuse dans un parti où il faut montrer patte blanche, Aurélie Filippetti claque la porte du Parti, dénonçant sa confiscation au profit de quelques apparatchiks.

Proche conseillère de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle 2007

Mais la jeune agrégée de lettres va très vite rebondir. Quelques mois avant de démissionner des Verts, elle a envoyé une note sur la Lorraine à Ségolène Royal qui se prépare à briguer l'investiture socialiste pour se présenter à l'élection présidentielle. Elle la revoit pendant l'été. Les deux femmes se lient d'amitié.
Quinze jours après sa démission des Verts, Patrick Mennucci, proche de Ségolène Royal, la contacte et lui propose de rejoindre l'équipe de campagne. A partir de novembre 2006, elle se met au service de la candidate et devient conseillère spéciale en charge de la culture, de l'éducation, de l'environnement et des sujets de société. Pendant la campagne, elle est donc une des plumes de la candidate, multipliant les notes pour renforcer l'argumentaire de Ségolène Royal.

Sa victoire aux élections législatives 2007

Transfuge des Verts au Parti Socialiste, Aurélie Filippetti n'oublie pas son objectif principal : obtenir une investiture pour les législatives dans la circonscription de Longwy, celle que les Verts lui ont refusé. Finalement, elle obtient l'investiture du PS en mai 2007 dans une autre circonscription, la 8e circonscription de Moselle. Face à l'UMP Alain Missoffe, fils d'un ancien ministre du général de Gaulle et frère de Françoise de Panafieu, elle l'emporte au second tour avec 50,96% des voix. A 34 ans, elle fait son entrée à l'Assemblée nationale.

Toujours aussi proche de Ségolène Royal, elle devrait jouer un rôle important dans la future direction du PS qui se mettra en place à l'issue du congrès en 2008.

*** Liens

La situation du Parti Socialiste
- Qui sont les éléphants du PS ?
- Quelles sont les différences idéologiques au sein du PS ?
- Les divisions du Parti Socialiste : le PS officiel, le PS parlementaire, le PS des éléphants
- Ségolène Royal, les raisons d'une défaite qu'elle ne reconnaît pas

Les électrons libres
- Benoit Hamon, le fondateur du Nouveau Parti Socialiste
- Arnaud Montebourg, le trublion du PS
- Gaëtan Gorce, un homme politique discret qui s'affirme
- Manuel Valls, un social-libéral au Parti Socialiste
- Vincent Peillon, un docteur en philosophie qui veut devenir Premier secrétaire du PS

Les proches de Ségolène Royal
- Jean-Marc Ayrault, l'incontournable président du groupe socialiste à l'Assemblée
- Jean-Louis Bianco, la seconde jeunesse du Secrétaire général de Mitterrand
- Julien Dray, un dirigeant socialiste aux multiples facettes
- Aurélie Filippetti, la plus proche conseillère de Ségolène Royal

_____________________________________________________
Quiz : En quelle année a été créé le Parti Socialiste ?

Commentaires