Rachi Dati, une ministre de la Justice en difficultés

Thematiques · 31 août 2007 à 18:06

Rachida Dati, ministre de la Justice

C'est peu de dire que Rachida Dati a passé un été difficile. La ministre de la Justice a dû faire face au scepticisme de son projet de loi sur la récidive, aux polémiques sur la condamnation de deux de ses frères à la prison et aux départs successifs de cinq membres de son cabinet en deux mois.
Aujourd'hui même, son chef de cabinet vient d'être transféré au ministère de l'Intérieur. Réputée autoritaire, Rachida Dati a des débuts difficiles dans son ministère malgré le soutien appuyé de Nicolas Sarkozy. Amie proche de Cécilia, Rachida Dati peut en effet compter sur le soutien de l'Elysée.
Retour sur le parcours de la ministre de la Justice.

Ses origines et sa formation

Rachida Dati est née le 27 novembre 1965 en province, à Chalon-sur-Saône. Elle est issue d'une famille modeste : son père, marocain, travaille à l'usine ; sa mère, algérienne, ne sait ni lire ni écrire. Rachida grandit dans un HLM au milieu de ses onze frères et soeurs. Elle va à l'école chez les religieuses et montre dès ses plus jeunes années beaucoup d'enthousiasme pour le travail.
Une fois son baccalauréat en poche, elle commence des études d'économie à Dijon puis de droit, études financées par des bourses et divers petits boulots. Ambitieuse, elle compte se faire des relations et entrer dans le monde. A 21 ans, c'est au culot qu'elle se rend à un cocktail à l'ambassade d'Algérie à Paris. Elle rencontre son premier allié, le garde des Sceaux, Albin Chalandon.
A la fin des années 1980, elle va à une conférence à Chalon donnée par Paul Balta, ancien journaliste au Monde. Elle prend rendez-vous avec lui, lui explique son parcours, ses projets et sa situation financière d'étudiante boursière. Sous le charme, Paul Balta lui offre durant un an le gîte chez lui, dans son pavillon de banlieue.

Un parcours jalonné de rencontres déterminantes : Chalandon, Lagardère, Attali

Sa rencontre avec le garde des Sceaux, Albin Chalandon, est déterminante pour sa carrière : grâce à lui, elle est chargée d'étude auprès de la direction comptabilité-finance du groupe Elf Aquitaine. De la même manière, elle fait la connaissance de Jean-Luc Lagardère en 1990, lors d'une soirée de remise de prix, ce qui lui permet d'être auditrice chez Matra communication. Trois ans plus tard, elle est approchée par Jacques Attali et devient son assistante à la BERD, à Londres. Les expériences professionnelles s'enchaînent, jalonnées de nombreuses rencontres essentielles pour sa carrière. Elle occupe notamment le poste de contrôleur de gestion à la Lyonnaise des eaux. Dès 1994, elle est contactée par Bernard Kouchner qui lui propose de figurer sur la liste du PS aux élections européennes. Elle refuse n'aimant pas « la charité chrétienne du PS ».

Son passage dans la magistrature

Simone Veil, qu'elle a rencontrée grâce à Albin Chalandon, lui conseille d'entrer dans la magistrature. Elle a déjà 32 ans. Au lieu de passer le concours de l'ENM, elle se fait parrainer par son mentor, Albin Chalandon. Au tribunal de grande instance de Péronne, elle est confrontée à quelques déconvenues : certains ne comprennent pas ses agissements, son refus du respect de la hiérarchie, son arrivisme. Il lui est arrivé notamment de faire venir les caméras au tribunal pour un reportage la concernant. Ces procédés ne se font pas. Elle en dérange plus d'un. Mais n'écoutant pas les critiques, elle continue à se faire des relations. Elle se fait notamment inviter par Gérard Worms (de la banque Rothschild) dans un club très prisé, le Club, où elle se constitue un carnet d'adresses important.

Une carrière politique dans le sillage de Nicolas Sarkozy

Tandis qu'elle est substitut du procureur au tribunal d'Évry, elle décide de prendre rendez-vous avec Nicolas Sarkozy, alors maire de Neuilly-sur-Seine. Impressionné par son audace et sa volonté de réussir, il lui propose de participer à une réunion de cabinet place Beauvau. Dès lors, elle s'occupe de la prévention de la délinquance et de l'insertion. Rachida Dati a bien compris que pour obtenir un poste intéressant et se faire des alliés, elle doit consolider des liens et ne pas se faire oublier, aussi en juin 2002, elle écrit une lettre de félicitation au ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, pour son projet de loi sur la sécurité intérieure. Celui-ci la convoque immédiatement afin qu'elle travaille auprès de lui. Elle est alors conseillère technique chargée de l'intégration, de la prévention de la délinquance et de la cohésion sociale.

Porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle

En décembre 2006, elle adhère à l'UMP et le mois suivant, Nicolas Sarkozy la nomme porte-parole pour la campagne présidentielle aux côtés de Xavier Bertrand. Durant sa mission, elle n'a ainsi de cesse de vanter avec zèle les mérites du futur président de la République. Admiratrice inconditionnelle, elle est pourtant une sorte d'alter ego au féminin. Comme lui, n'écoutant pas les critiques, elle ne vise que la réussite, se passant des voies hiérarchiques et des traditions. Audace, ténacité, orgueil sont leurs principales caractéristiques.

Ses premiers pas au ministère de la Justice

Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy nomme Rachida Dati ministre de la Justice. C'est un pavé dans la mare : alors que les candidats au titre de garde des Sceaux ont de nombreuses années d'expérience derrière eux, celle-ci est parvenue de manière fulgurante. Les rumeurs courent sur la véracité de ses diplômes en droit et sa légitimité au sein du gouvernement, elle qui n'a jamais fait de politique. Pourtant, en quelques mois, Rachida Dati est parvenue à être l'une des figures les plus populaires du gouvernement. Très présente dans les médias, elle serait également l'objet de plusieurs livres en cours de réalisation.

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