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Biographie de Manuel Valls.
Le député-maire d'Evry, Manuel Valls, multiplie les coups d'éclat
médiatiques depuis la défaite de Ségolène Royal lors
de la présidentielle de 2007. Partisan d'une refonte totale du corpus idéologique
du Parti Socialiste, il n'hésite pas à aller jusqu'à évoquer
le possible changement de nom du parti. Au sein du parti, Manuel Valls est à
part. Ce quadragénaire incarne la tendance social-libérale au PS.
Manuel Valls est né le 14 Août 1962 à Barcelone en Espagne. Fils d'un artiste peintre espagnol réfugié en France, Manuel Valls obtient la nationalité française grâce à une procédure de naturalisation. En 1980, à l'âge de 17 ans, il adhère au Parti Socialiste pour soutenir Michel Rocard. Au sein du PS, il appartient à la deuxième gauche, celle de Rocard, pragmatique, contre celle de Mitterrand, plus à gauche. Pendant ses études d'histoire à l'université Paris 1-Tolbiac, il entre au syndicat étudiant socialiste, l'UNEF-ID. Mais c'est surtout au sein des réseaux rocardiens que Manuel Valls va trouver sa place.
En 1986, alors qu'il n'a que 24 ans, il est élu au conseil régional
d'Ile de France. Deux ans plus tard, il entre au cabinet du Premier ministre,
Michel Rocard, en charge des relations avec le parlement. Après la démission
de Rocard en 1992, il retrouve son poste au conseil régional d'Ile de France,
qu'il ne quittera qu'en 2002.
En 1997, il échoue au premier tour des élections législatives
dans la 5ème circonscription du Val-d'Oise. Mais sa carrière politique
rebondit aussitôt grâce à une nouvelle nomination dans un cabinet
ministériel. Il devient conseiller pour la communication et la presse auprès
du Premier ministre, Lionel Jospin. C'est notamment à ce poste qu'il noue
des liens avec des membres du New Labor de Tony Blair.
En mars 2001, Manuel Valls est élu maire d'Evry dans l'Essonne. L'année
suivante, il devient député de la 1ère circonscription de
l'Essonne. Cinq ans plus tard, il est réélu très confortablement
avec 60,12% des voix. Sa gestion de la mairie d'Evry est particulièrement
remarquée. Homme de gauche, il défend les couches populaires mais
refuse l'angélisme sur les questions sécurité. Lors des émeutes
de l'automne 2005, il est le seul socialiste à s'abstenir de critiquer
l'instauration du couvre-feu. Pour refuser la ghettoïsation d'un quartier
d'Evry, il n'a pas hésité à s'opposer à l'installation
d'un supermarché halal dans sa commune.
Ainsi, sur les questions de justice, d'immigration ou à propos de la lutte
contre la criminalité, Manuel Valls défend souvent des positions
assez éloignées de la ligne officielle du PS.
Au Parti Socialiste, ses adversaires le désignent comme un homme à
droite de la gauche ou de centre-gauche. Lui préfère se présenter
comme un partisan d'un social-libéralisme à la française.
Selon lui, la société de marché, le travail, la lutte contre
l'insécurité, la refonte de la loi de 1905 sur la laïcité
ne doivent plus être des questions taboues à gauche. Après
la défaite de Ségolène Royal lors de la présidentielle
de 2007, il s'en est pris violemment à François Hollande, qu'il
accuse d'immobilisme et d'être à l'origine de tous les échecs
du PS faute d'avoir fait évolué le parti.
Partisan d'une profonde rénovation de la gauche, il multiplie les coups
d'éclat depuis la fin de la séquence électorale de 2007.
Il se considère comme un pragmatique, qui veut expérimenter ce qui
marche, au risque de bousculer les orthodoxes du PS. Ainsi, lorsqu'un journaliste
l'interroge sur l'omniprésence de Sarkozy dans les médias, il rétorque
que cela ne le choque pas. Au contraire, il préfère insister sur
l'incapacité des socialistes à créer le débat, à
innover. Sa stratégie du coup d'éclat médiatique lui permet
de sortir du lot. Dernièrement, il a même évoqué publiquement
la possibilité de changer le nom du Parti Socialiste pour entériner
la modernisation de la gauche.
Après le double échec socialiste présidentielle/législatives, Manuel Valls a eu des propos assez durs à l'égard du Parti Socialiste. Même Arnaud Montebourg, pourtant spécialiste des provocations et ami de Manuel Valls, a déploré la stratégie de ce dernier. Fort de sa réélection dans sa circonscription avec 60% des voix, Manuel Valls est persuadé que son positionnement au centre-gauche correspond le mieux à l’évolution de la société. Si Nicolas Sarkozy a été largement élu, c'est parce qu'il a réussi à attirer à lui les couches populaires qui votaient à gauche mais qui ont été sensibles à un discours sur l'ordre et la sécurité. Sur ces questions, comme sur d'autres, Manuel Valls veut faire évoluer le PS. Selon lui, le parti doit actualiser sa doctrine pour devenir un parti social-démocrate acceptant de gouverner avec le centre. Isolé au sein du PS, il a lancé son propre club de réflexion "Cercle 21, Gauche et modernité", fin octobre 2007.
Au Parti Socialiste, le jeu des courants et des rapports de force entre éléphants rend très complexe une stratégie d'autonomie. Manuel Valls l'a très bien compris en renonçant à présenter sa propre motion au congrès de Reims. Contre toute attente, alors qu'il avait eu des propos assez durs sur Ségolène Royal, notamment au soir du second tour des législatives lorsqu'elle avait annoncé sa séparation avec François Hollande, Manuel Valls s'est rallié à l'ex-candidate à la présidentielle. Avec Vincent Peillon, il est venu renforcer son staff.
Jusqu'à présent, la présidente de la région Poitou-Charentes n'avait pas réussi à s'entourer de personnalités charismatiques au sein du PS (seuls Jean-Louis Bianco et François Rebsamen lui étaient restés fidèles après la présidentielle), ce double ralliement a donc constitué un atout non négligeable pour la candidate au poste de Premier secrétaire afin d'incarner le renouveau. A la différence de Bertrand Delanoë qui est apparu comme le candidat de la continuité, Ségolène Royal s'est présentée comme la candidate du changement.
Manuel Valls a joué un rôle clé au congrès de Reims. C'est lui qui a été son porte-parole dans les moments les plus tendus : lors de la nuit des résolutions, entre les deux tours de l'élection pour le poste de Premier secrétaire. A chaque fois, il s'est présenté devant les caméras pour commenter les résultats à chaud. Il était même partisan de déposer un recours en justice suite aux décomptes approximatifs des bulletins départageant Martine Aubry de Ségolène Royal. Il s'est donc particulièrement exposé, à la différence de Vincent Peillon, qui était plus en retrait pour incarner le consensus et le cas échéant, se poser en possible recours. A l'issue du congrès de Reims, Manuel Valls a donc une nouvelle fois radicalisé son image et multiplié les inimitiés au sein du Parti.
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