Les candidats ont dépensé 75 millions d'euros lors de la présidentielle de 2007

Revue de presse · 25 juin 2008 à 13:05

Présidentielle 2007

La commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a publié mardi 24 juin son rapport d'activités sur les comptes de campagne des candidats à la présidentielle et aux législatives. On sait aujourd'hui que la présidentielle de 2007 a coûté 75,6 millions d'euros. L'Etat a remboursé 44 millions d'euros. Quant aux législatives, elles vont coûter plus de 65 millions d'euros à l'Etat au titre du financement public des partis politiques.
A quoi sert tout cet argent ? Qui a touché le plus en 2007 ? Combien coûte un électeur ?

Revue de presse du mercredi 25 juin 2008

- Le Monde : Les douze candidats à la présidentielle ont dépensé 75,6 millions d'euros
- Le Figaro : Des règles de financement des campagnes assouplies ?
- LePost.fr : La démocratie n'a pas de prix mais a un coût

12 candidats ont dépensé 75,6 millions d'euros

Après validation des comptes de campagne, la CNCCFP a établi que les 12 candidats à l'élection présidentielle avaient dépensé 75,6 millions d'euros, dont 44,5 millions d'euros rien que pour les deux principaux candidats, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Conformément au financement public de la vie politique, l'Etat va rembourser 44 millions d'euros, dont 40 millions d'euros aux deux candidats du second tour. Parmi les dépenses un peu surprenantes, il y a les frais de maquillage : Nicolas Sarkozy a dépensé 34 445 euros et Ségolène Royal 51 659 euros.

Une campagne présidentielle moins coûteuse qu'en 2002

L'Etat rembourse une partie des frais de campagne à tous les candidats qui ont dépassé les 5% des voix. Un plafond de dépenses était fixé à 16 millions d'euros pour le premier tour et 20 millions d'euros pour les candidats qui accédaient au second tour. Globalement, la campagne présidentielle 2007 a donc coûté moins chère que la campagne de 2002 : il y avait 12 candidats en 2007 (contre 16 en 2002) et seulement 4 candidats ont dépassé les 5% des voix donnant droit à un remboursement maximal, contre 7 candidats en 2002. Au final, l'Etat va donc rembourser 44 millions d'euros contre 53 millions d'euros en 2002.
Paradoxalement, si la campagne de 2007 a coûté moins chère, les deux candidats du second tour ont plus dépensé que Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen en 2002. A eux deux, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ont dépensé plus de 40 millions d'euros, alors que Jacques Chirac avait dépensé 18 millions d'euros et Jean-Marie Le Pen 12 millions d'euros.

Présidentielle 2007 : Combien coûte un électeur ?

Les dépenses des candidats ne sont pas toujours proportionnelles à leurs résultats. Ainsi, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen ont déclaré le même montant de dépenses (9,7 millions d'euros) alors que le candidat de l'UDF a obtenu 18,57% des voix contre 10,44% pour le candidat du FN. De même, Marie-George Buffet (4,8 millions d'euros) dépasse de loin Philippe de Villiers (3,1 millions d'euros), alors qu'elle est arrivée derrière lui au premier tour de la présidentielle.
En faisant le ratio des dépenses de campagne et du nombre de voix obtenu à l'élection présidentielle, on peut calculer combien a coûté un électeur pour chaque candidat à la présidentielle :
01. Besancenot : 0,61 € par électeur
02. Bayrou : 1,42 € par électeur
03. Sarkozy : 1,83 € par électeur
04. Nihous : 1,99 € par électeur
05. Royal : 2,17 € par électeur
06. Voynet : 2,37 € par électeur
07. Le Pen : 2,43 € par électeur
08. Bové : 2,44 € par électeur
09. De Villiers : 3,77 € par électeur
10. Laguiller : 4,32 € par électeur
11. Schivardi : 5,77 € par électeur
12. Buffet : 6,81 € par électeur

Législatives 2007 : 1,67 euro par voix pour les partis politiques

Le financement public de la vie politique est établi en fonction des résultats aux élections législatives. Un parti politique reçoit des subventions dont le montant est proportionnel à ses résultats électoraux, à condition d'avoir obtenu plus de 1% des suffrages dans au moins 50 circonscriptions. La règle a été durcie puisqu'en 2002, il suffisait de présenter au moins 50 candidats pour prétendre à des subventions. De fait, le nombre de partis bénéficiaires a considérablement diminué : 32 partis ont touché des subventions publiques entre 2002 et 2007, ils ne seront plus que 14 entre 2007 et 2012.
Le calcul du montant de la subvention se fait de la façon suivante : 1,67 euro est accordé pour chaque voix, à laquelle s'ajoute une prime pour chaque député élu. Au total, l'UMP (10 287 207 voix et 481 députés et sénateurs) bénéficie de 34,5 millions d'euros, le PS (6 432 544 voix et 280 parlementaires) de 22,7 millions, le MoDem (1 920 304 voix et 29 parlementaires) de 4 millions, le PCF (1 158 559 voix et 40 parlementaires) de 3,6 millions.

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