Politique fiction : les élections en 2012 et 2017

Revue de blogs · 8 déc. 2007 à 23:19

Politique fiction

Nicolas Sarkozy entame à peine son quinquennat que déjà, certains réfléchissent aux prochaines échéances présidentielles de 2012 et 2017. Si une nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy en 2012 apparaît acquise, qui sera le mieux placé à droite en 2017 ? Se poser ce type de questions, c'est faire ce qu'on appelle de la "politique fiction". On n'en sait rien, mais on prend les paris quand même. Cette semaine, les journalistes politiques se risquent à quelques pronostics sur leur blog...

La guerre des quadras à droite : Jean-François Copé contre Xavier Bertrand

Sur son blog, Christophe Barbier s'interroge sur les intentions de Xavier Bertrand et Jean-François Copé dans une note intitulée "Copé-Bertrand, guerre de quadras". Les deux quadragénaires semblent se détacher à droite. En tant que président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Jean-François Copé est un acteur incontournable dans la majorité. En tant que ministre du travail, Xavier Bertrand est une pièce maîtresse du gouvernement puisqu'il a en charge les principales réformes sociales de Nicolas Sarkozy : retraites, contrats de travail, service minimum. Selon quelques indiscrétions, Xavier Bertrand aimerait bien rester dans son ministère jusqu'à la fin 2008. Après, il se verrait bien au ministère de l'Economie ou au ministère de l'Intérieur jusqu'à la fin du quinquennat. En cas de victoire de Nicolas Sarkozy en 2012, Xavier Bertrand viserait alors le poste de Premier ministre, et le cas échéant, il pourrait envisager une candidature à la présidentielle de 2017.
Du côté de Jean-François Copé, un poste au gouvernement apparaît indispensable pour revenir dans le jeu politique. Il pourrait revenir à Bercy, briguer le poste de Premier ministre après 2012 et se porter candidat en 2017. Ces scénarios sont de la pure fiction mais il reflète un des paradoxes de la vie politique : une gestion à courte vue lorsqu'ils sont au pouvoir, mais une vision sur le long terme de leur carrière lorsqu'ils n'y sont pas.

Législatives 2012 : plus de 600 députés ?

Outre les présidentielles, certains pensent aussi aux prochaines législatives. Le problème du moment est la question de la proportionnelle. Le scrutin majoritaire actuel empêche les plus petits partis d'être représentés à l'Assemblée nationale. Pour remédier à cette anomalie, Nicolas Sarkozy envisage d'inclure une dose de proportionnelle : 10% des voix donnant droit à 10% de sièges à l'Assemblée nationale. Mais la proportionnelle stricte est un facteur d'instabilité : la majorité absolue est impossible, les partis doivent donc passer des alliances entre eux, alliances très souvent fragiles dès que la première difficulté survient. Ceci explique qu'on parle plutôt de "dose de proportionnelle", c'est-à-dire de garder un scrutin majoritaire mais d'inclure pour une petite partie des députés un scrutin proportionnel. Mais les députés sont réticents à tout redécoupage de leur circonscription et tout changement de scrutin pour une raison simple : un député en place ne souhaite qu'une seule chose, pouvoir se faire réélire dans sa circonscription. Pour dépasser ces difficultés, il serait alors question de garder les circonscriptions actuelles et d'augmenter le nombre de députés en incluant des députés élus au scrutin proportionnel. C'est ce qu'explique Jean-Michel Aphatie sur son blog, dans sa note du 7 décembre.

Présidentielles 2012 et 2017 : que va faire Bayrou ?

Pour compléter le tableau de la droite en 2012 et 2017, il faut évoquer le cas Bayrou. Depuis 2002, il a fait le vide autour de lui. Certains centristes ont rejoint l'UMP dès sa création, d'autres ont créé le "Nouveau Centre" en 2007. Les fidèles de Bayrou se comptent désormais sur les doigts d'une main. Pourtant, le député du Sud-Ouest pense toujours être en mesure de devenir président de la République un jour. Pour y parvenir, il espère déborder le Parti Socialiste au centre gauche en faisant du Mouvement Démocrate, le grand parti social-démocrate qui manque en France. Mais le journaliste Eric Dupin, dans sa note intitulée "calcul Bayrou", rappelle qu'il est assez paradoxal de vouloir construire une large coalition des centres et être incapable de maintenir un mouvement centriste uni. A cet égard, les statuts du MoDem accordent un pouvoir très important à son président et ne prévoit pas la création de courant permettant à chacun de s'exprimer au sein du nouveau parti. Bayrou, ou l'art de construire une large coalition tout seul.

*** Liens

- Jean-François Copé, la caricature du cumul des mandats
- Xavier Bertrand, le négociateur du gouvernement
- Quel avenir politique pour François Bayrou ?
- Pourquoi le nombre de députés à l'Assemblée Nationale risque-t-il d'augmenter ?

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