Les premières tensions entre Nicolas Sarkozy et les députés UMP

Enquete · 4 oct. 2007 à 12:36

Les critiques des députés UMP

Quatre mois après les élections législatives, les relations entre Nicolas Sarkozy et les députés UMP ne sont plus aussi idylliques. Les députés UMP supportent de plus en plus mal la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy. Pour que la droite gagne les élections municipales de 2008, le chef de l'Etat fait le pari d'affaiblir le PS en débauchant des personnalités de gauche : Jack Lang, DSK, Rocard, Attali, Védrine, Kouchner et bien d'autres. Mais cette politique d'ouverture est de plus en plus contestée par les députés UMP eux-mêmes qui ne comprennent pas l'indulgence du président de la République à l'égard de la gauche. Dernièrement, les noms de Jack Lang, Julien Dray ou Manuel Valls ont circulé pour une prochaine entrée au gouvernement, au grand désespoir de la droite.

Revue de presse du jeudi 04 octobre 2007

La presse revient aujourd'hui sur les relations compliquées de Nicolas Sarkozy avec sa majorité parlementaire. Nicolas Sarkozy a reçu les députés UMP à l'Elysée et a confirmé qu'il continuerait sa politique d'ouverture : "Sarkozy : oui à l'ouverture, non à la rigueur" titre Le Figaro. "Les oreilles chauffent chez les élus UMP" affirme Libération. "Nicolas Sarkozy recadre les élus UMP et défend l'ouverture" titre Le Monde.

Des journées parlementaires UMP mouvementées

Dans son édition du 3 octobre, le Canard Enchaîné raconte la crise de nerfs de Nicolas Sarkozy au lendemain des journées parlementaires de l'UMP. Nicolas Sarkozy connaît une rentrée politique plus difficile que prévue : François Fillon veut le doubler sur le thème de la rupture en tenant des propos assez durs sur tous les sujets alors que le chef de l'Etat s'efforce à ménager les partenaires sociaux sur la réforme des retraites par exemple. Le président du groupe UMP au Sénat, Josselin de Rohan, a qualifié le projet de modernisation institutionnelle de Sarkozy de "concours Lépine constitutionnel permanent".
Lors des journées parlementaires de Strasbourg du 28 et 29 septembre 2007, les députés UMP ont émis des critiques sur l'ouverture et les premières décisions du gouvernement. "Est-il normal que vous votions une loi aussi importante que celle sur le droit d'asile à 4h30 du matin avec 23 députés en séance ?" s'est interrogé à voix haute le député-maire de Versailles.

Une ouverture qui ne passe pas...

En réalité, c'est l'ouverture politique de Nicolas Sarkozy qui ne passe pas. Les députés UMP ont le sentiment que le chef de l'Etat tente d'édulcorer la rupture pour éviter une déroute aux municipales de 2008. Or, la majorité parlementaire semble déterminer à défendre une ligne dure, comme en témoigne l'amendement des tests ADN dans le projet de loi sur l'immigration. En outre, les derniers noms qui circulent à propos de la nouvelle phase de la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy font bondir les députés UMP : on évoque l'arrivée au gouvernement de Jack Lang ou Julien Dray.

Quelle stratégie pour 2008 ?

Les tensions qui existent entre Nicolas Sarkozy et la majorité parlementaire sont liées à des visions stratégiques différentes. Les députés UMP veulent aller vite dans les réformes et cesser la politique de la main tendue vis-à-vis de la gauche. A l'inverse, Nicolas Sarkozy fait preuve d'activisme mais ne veut pas se précipiter sur les sujets sensibles pour éviter une chute de popularité synonyme de défaite de la droite aux municipales de 2008. Et en cas de défaite, le chef de l'Etat est convaincu que ses velléités de réforme marqueraient un coup d'arrêt. Le chef de l'Etat va donc poursuivre la politique d'ouverture pour espérer déstabiliser la gauche tout en essayant d'éviter le clash avec sa majorité.

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