Pourquoi Michel Rocard a-t-il accepté l'ouverture politique ?

Brèves · 29 août 2007 à 12:15

Rocard et l'ouverture politique

Nicolas Sarkozy poursuit sa stratégie politique d'ouverture à gauche. Après l'entrée au gouvernement de Bernard Kouchner, Jean-Pierre Jouyet, Jean-Marie Bockel, Martin Hirsh, Fadela Amara, le président de la République nomme des personnalités de gauche à la tête de commissions de réflexion. Après sa démission du bureau politique du PS, Jack Lang est devenu vice-président de la commission sur la rénovation des institutions. Jacques Attali, l'ancien conseil spécial de François Mitterrand, a accepté la présidence d'une commission destinée à réfléchir sur ce qui freine la croissance économique en France. Hubert Védrine, ancien secrétaire général de l'Elysée sous Mitterrand et ancien ministre des Affaires étrangères sous Jospin, a répondu favorablement à Nicolas Sarkozy pour rédiger un rapport sur la mondialisation. C'est donc autour de Michel Rocard d'accepter de présider une commission pour revaloriser le métier d'enseignant.

Un devoir de démocrate selon Michel Rocard

Michel Rocard est donc la 9ème personnalité politique de gauche a accepté de travailler pour le gouvernement de droite de Nicolas Sarkozy. Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a annoncé que le comité de réflexion sur la revalorisation du métier d'enseignant sera placé sous la haute autorité de Michel Rocard.


Selon l'ancien Premier ministre, "C'est une décision personnelle, en réponse à une proposition qui m'a surtout été formulée en tant qu'ancien premier ministre (...) Lorsqu'un exécutif se met dans la tête de recueillir l'avis de l'opposition et de se faire d'une question une idée aussi exhaustive que possible, c'est un devoir de démocrate que d'accepter. Je suis requis parce que je suis socialiste et que je le reste".

Rocard et le PS, la rupture progressive

Depuis des mois, Michel Rocard critique l'absence de projet du PS. Partisan de Dominique Strauss-Kahn dans la course à la primaire socialiste, il avait compliqué la tâche de Ségolène Royal pendant la campagne, notamment en évoquant la nécessité stratégique d'une alliance entre l'UDF et le PS avant le deuxième tour. Social-démocrate, Michel Rocard dénonce régulièrement l'absence d'orientation claire et l'absence de réflexion des socialistes. L'acceptation de Michel Rocard apparaît donc comme la suite naturelle d'une rupture progressive avec son propre camp.

Présider une commission sur la revalorisation du métier d'enseignant

Le gouvernement veut aller vite. Une fois mise en place, la commission sera chargée de rédiger un "livre vert" qui synthétisera toutes les attentes des enseignants. Ce travail de concertation durera jusqu'à la fin d'année 2007. A partir de ce travail, le gouvernement rédigera un "livre blanc" regroupant des propositions concrètes pour proposer aux enseignants une nouvelle façon de travailler et la possibilité pour eux de gagner plus. Ce livre blanc servira de base de travail pour des négociations avec les représentants syndicaux. Le timing est serré car Nicolas Sarkozy souhaiterait que les mesures soient effectives dès la rentrée 2008.

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