Nicolas Sarkozy prépare la 2ème vague d'ouverture pour le prochain remaniement

Brèves · 2 déc. 2008 à 19:21

Ouverture politique

Après une campagne présidentielle très à droite, sur fond d'immigration, d'identité nationale et de peines planchers, Nicolas Sarkozy avait surpris tout le monde en constituant avec François Fillon un gouvernement d'ouverture. A la surprise générale, des personnalités de gauche avaient accepté d'entrer dans un gouvernement de droite : Bernard Kouchner (ministre des Affaires étrangères), Jean-Pierre Jouyet (secrétaire d'Etat aux affaires européennes, et proche de François Hollande), Jean-Marie Bockel (secrétaire d'Etat aux anciens combattants), Fadela Amara (secrétaire d'Etat en charge de la politique de la ville), Eric Besson (secrétaire d'Etat à l'économie numérique). Lors du mini-remaniement au lendemain des municipales, Nicolas Sarkozy avait fait entrer des personnalités de l'UMP, mettant ainsi entre parenthèse la poursuite annoncée de la politique d'ouverture.


Mais suite à la crise du Parti Socialiste, et en vue des prochaines élections européennes en juin 2009, Nicolas Sarkozy prépare une deuxième vague d'ouverture pour bousculer un peu plus une gauche désorientée. François Fillon l'a annoncé le week-end dernier devant les nouveaux militants UMP, salle Gaveau et l'a répété lors du congrès fondateur du parti de Jean-Marie Bockel.

Claude Allègre, le prochain ministre d'ouverture

Quelles personnalités de gauche Nicolas Sarkozy va-t-il pouvoir convaincre d'entrer au gouvernement ? L'Elysée affirme avoir une liste de responsables politiques susceptibles de franchir le pas. Dans les faits, le nombre de prétendants est très limité. L'ostracisation de ceux qui ont "trahi" leur camp en a fait renoncer plus d'un. Malgré tout, des noms de personnalité de gauche circulent pour le prochain remaniement.
En première place, figure Claude Allègre, l'ancien ministre de l'Education nationale dans le gouvernement de Lionel Jospin. En rupture avec le Parti Socialiste, l'ancien ministre ne manque jamais une occasion pour souligner dans les interviews son admiration à l'égard de la politique de Nicolas Sarkozy. Faute d'être entré au gouvernement en mars dernier, il a accepté une mission du président de la République pour organiser les Assises européennes de l'innovation. Lors du prochain remaniement, il pourrait faire son entrée dans le gouvernement Fillon.

Lang, Vallini, Valls, Dray : les principales cibles de Nicolas Sarkozy

D'autres noms sont avancés comme Jack Lang, un peu isolé au Parti Socialiste malgré son ralliement à Martine Aubry, ou encore le député socialiste André Vallini, spécialiste des questions de justice et médiatisé à l'occasion de la commission parlementaire sur l'affaire d'Outreau. Mais tous deux sont sous haute surveillance au PS et leur ralliement paraît peu probable. Il en est de même pour Manuel Valls et Julien Dray. En 2007, le président de la République a tout essayé pour les convaincre de le rejoindre, sans succès. Nicolas Sarkozy compte bien récidiver, sans se faire trop d'illusions. Faute de mieux, le président de la République se rabattrait alors sur des membres des radicaux de gauche ou des personnalités de la société civile marquées à gauche, comme Martin Hirsch et Fadela Amara.


Quoi qu'il en soit, la deuxième vague d'ouverture s'avère plus compliquée à mettre en oeuvre que la première. Il n'y a plus l'effet de surprise et les responsables susceptibles de franchir le pas sont placés sous haute surveillance par le Parti Socialiste afin de les en dissuader. Le dénouement de ce poker menteur devrait avoir lieu au premier semestre 2009.

*** Liens

- Le mini-remaniement du gouvernement Fillon en mars 2008 : une stabilité de façade
- Les ministres éjectés retrouveront automatiquement leur poste de député
- La rupture consommée entre Claude Allègre et le PS
- L'ouverture politique se poursuit avec Brice Lalonde
- Pourquoi Michel Rocard avait-t-il accepté l'ouverture politique ?
- L'ouverture politique a brouillé les cartes lors des municipales de 2008

_____________________________________________________
Quiz : Evaluation des ministres : combien ont coûté les services du cabinet d'audit privé ?

Commentaires