Revue de presse du 31 mai 2007 : Le casse-tête de la hausse des heures supplémentaires

Enquete · 31 mai 2007 à 07:14

Le casse-tête de la hausse des heures supplémentaires

La presse revient aujourd'hui sur le casse-tête des heures supplémentaires. Nicolas Sarkozy est partout, il fait tout, il "veut être un président qui gouverne" titre Le Monde. Les Français ont été habitués par cette hyperactivité depuis cinq ans. Contrairement à Jacques Chirac qui ne s'exprimait que le 14 juillet et le 31 décembre, Nicolas Sarkozy est un président qui s'engage. Il veut être en première ligne et assurer le rôle de "super Premier ministre". Et manifestement, cet engagement et cet activisme sont plébiscités par l'opinion. Selon les derniers sondages, pour les législatives, il s'attendre à une "vague bleue à l'horizon" (Le Figaro). Autrement dit, des heures sup pour le président, les Français en redemandent.

Les conséquences d'une hausse des heures supplémentaires pour les salariés

En revanche, les heures sup pour les salariés et le fameux "travailler plus pour gagner plus" sont un véritable casse-tête. Les effets positifs sur l'économie ne sont pas évidents. C'est ce qu'affirme Libération sous le titre : "Heures supplémentaires, ce que la droite ne dit pas". En supprimant les taxes sur les heures supplémentaires pour les entreprises et une augmentation de la rémunération (+25%), cette mesure aura un effet positif sur le pouvoir d'achat. Mais son application pose trois problèmes :

1. En cas de hausse d'activités, les petites entreprises auront plutôt tendance à augmenter les heures supplémentaires plutôt qu'à créer des emplois. L'effet sur le chômage n'est donc pas forcément positif.

2. Les allégements de charges sociales correspondent à une perte de revenus pour la sécurité sociale et à un gain financier conséquent pour les entreprises. La mesure pourrait coûter entre 2 et 5 milliards d'euros. Or, ce bonus financier pour les entreprises, qui ne payent pas de charges sur ces heures, pourrait les pousser à créer des heures supplémentaires pour en bénéficier au lieu de créer un emploi, voire d'augmenter artificiellement les heures sup pour détourner le système et diminuer leur coût salarial.

3. Les exonérations de cotisations sociales risquent d'aggraver les comptes sociaux. Si les heures supplémentaires ne sont pas taxées, si les cotisations d'assurance vieillesse ne sont pas versées pour les heures sup, le financement de la réforme des retraites pourrait être remis en cause.

Par conséquent, cette hausse des heures sup bénéficierait surtout aux entreprises. C'est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy aurait envisagé de ne pas imposer les salariés sur ses heures supplémentaires. Problème : une telle mesure serait anticonstitutionnelle car un salarié à 35 heures paierait des impôts, mais pas un salarié à 39 heures pour les 4 heures sup. Si Nicolas Sarkozy fait des heures sup qui lui réussissent plutôt bien dans les sondages, les conséquences positives sont moins évidentes si elles sont appliquées à tous les salariés.

Les titres du jour

- Libération : Les laborieuses heures sup de Sarkozy
- Le Figaro : Deux Français sur trois satisfaits de Sarkozy
- Le Monde : Sarkozy veut être un président qui gouverne
- Le Monde : Les leaders socialistes rassemblés au Zénith de Paris
- Le Monde : Le logiciel Ségolène Royal est-il PS-compatible ?
- NouvelObs : Hollande : le PS vise 30% des voix au 1er tour
- NouvelObs : Un taux de chômage à 8,2%

Retour sur...

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- Le projet de service minimum
- Les réformes fiscales
- La grande conférence sur l'environnement
- Europe : le projet de Sarkozy pour sortir de la crise institutionnelle

Le sytle Sarkozy
- Nicolas Sarkozy en chef de campagne et de gouvernement
- Sarkozy cumule les rôles et les mandats

Le gouvernement Fillon
- Le calendrier des réformes
- Le difficile redécoupage ministériel

Les élections législatives
- Etat des lieux du rapport de force droite/gauche
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- Bayrou, la stratégie de l'isolement
- La stratégie de Ségolène Royal : prendre la place de François Hollande à la tête du PS

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