Le Sénat évalue à 20 970 euros le coût d'une expulsion

Brèves · 1er déc. 2008 à 20:22

Brice Hortefeux, immigration

Au cours de la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy avait volontairement utilisé le thème de l'immigration pour récupérer l'électorat du Front national. La polémique sur la création d'un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale avait sciemment été orchestrée par l'équipe de campagne. En affichant sa fermeté vis-à-vis de l'immigration clandestine, Nicolas Sarkozy avait réussi à neutraliser Jean-Marie Le Pen et faire le plein des voix des électeurs d'extrême droite.


Dans un deuxième temps, Nicolas Sarkozy avait assoupli sa position en évoquant la nécessité d'aider les pays de départ à se développer pour stopper l'immigration à la source. Et voilà comment un ministère au nom à rallonge incluant l'immigration, l'identité nationale, le Co-développement a vu le jour, avec à sa tête l'un des plus proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy : Brice Hortefeux.

Brice Hortefeux a déjà atteint l'objectif de 28 000 expulsions pour l'année 2008

Créé en 2007, le ministère de l'Identité nationale et du Co-développement est rapidement devenu le ministère de l'Expulsion. Depuis deux ans, le principal critère d'évaluation du travail de Brice Hortefeux est le nombre d'expulsions annuelles. En 2007, malgré la pression exercée sur les préfectures pour faire du chiffre, Brice Hortefeux n'avait pas tout à fait atteint son quota de 25 000 expulsions. Cette année, le rythme des reconduites à la frontière va permettre à Brice Hortefeux de dépasser le plafond d'expulsions qui lui avait été fixé. On en serait déjà à plus de 28 000 expulsions, objectif fixé pour l'année 2008.

Une politique dont le coût dépasse les 500 millions d'euros

Cette politique de l'expulsion a un coût. Lors de l'examen du budget 2009 concernant la mission "immigration, asile et intégration", le Sénat a évalué le coût d'une expulsion à 20 970 euros. Du centre d'hébergement au prix du vol aérien en passant par la mobilisation des effectifs de police pour accompagner la personne en situation irrégulière, le Sénat a donc estimé le coût moyen pour la collectivité. Or, à 20 970 euros l'expulsion, la politique de Brice Hortefeux est un véritable gouffre financier. Le Sénat préconise au ministre de l'Immigration de développer plutôt l'aide au retour volontaire, moins coûteuse, car en dépassant les 26 000 expulsions, le coût total de la politique de Brice Hortefeux va dépasser les 500 millions d'euros pour l'année 2008.

Du côté des associations, au-delà des conséquences souvent douloureuses de cette politique du chiffre, on dénonce déjà la volonté de faire des économies sur l'hébergement d'urgence des demandeurs d'asile alors que les centres de rétention sont déjà sous-dotés actuellement.

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