La folie des grandeurs de la campagne de Sarkozy : loge 5 étoiles, meetings à la dernière minute

Enquete · 10 juin 2014 à 07:42 · Commentaires 0

Folie des grandeurs de Sarkozy

On connaît les chiffres (11 millions d'euros de dépassement), le circuit de financement (facturation de conventions UMP fictives), les premiers responsables (Jérôme Lavrilleux, le chef de cabinet de Copé) mais subsiste une interrogation : comment expliquer que le coût des meetings de Nicolas Sarkozy ait pu atteindre, voire dépasser, les 20 millions d'euros ? Cette question, même Nicolas Sarkozy se la pose : "Mais s'il y avait eu 11 millions de dépassement, ça se serait vu ! Mais ils sont passés où ces 11 millions ? Hein, ils sont passés où", s'est demandé l'ex-chef d'Etat auprès d'un proche, selon des propos rapportés par Le Nouvel Obs.

Où sont passés les 11 millions d'euros ? Il fallait lire Le Monde pour le savoir. Dans un article intitulé, "La campagne Sarkozy ou la folie des grandeurs", on apprend que l'équipe de campagne du candidat a dépensé sans compter pour organiser les meetings.

Le meeting de la Concorde, symbole d'une dérive

"Prenez le dernier grand meeting de M. Sarkozy, le 15 avril 2012, place de la Concorde, à Paris. M. Hollande, depuis l'esplanade du château de Vincennes (Val-de-Marne), découvre avec stupéfaction le déploiement de moyens de son rival, explique Le Monde. Rien n'est trop beau. La scène est mal située, sans perspective en arrière-plan ? Pas de souci, une gigantesque photo très haute définition est commandée et déployée derrière le pupitre. Elle ne plaît pas au candidat ? On en réalise une seconde, dans la nuit, qui finira à la poubelle, le lendemain. (...) Les barrières métalliques sont recouvertes d'un coton gratté bleu, du meilleur effet, un vrai réalisateur de télévision est aux commandes, un signal vidéo est réservé [pour que le meeting soit retransmis sur les chaînes d'info]". Sans compter les dizaines de milliers de drapeaux distribuées à la foule et dont le coût à l'unité peut atteindre 8 euros s'ils sont imprimés à la dernière minute.

Et ce n'est pas tout. "Rien n'est trop beau, trop cher, poursuit Le Monde. Il faut fournir chocolats fins et chouquettes, dont le candidat se gave. Il exige une loge cinq étoiles – un appartement, en fait. Il réclame des pièces insonorisées pour se préparer en toute quiétude ? [On lui fait] fait bâtir des doubles cloisons en bois épais bourrées de papier de verre. L'entourage du candidat, prompt à devancer les désirs de M. Sarkozy, veut toujours plus de tout : des portiques de sécurité à foison, les bancs des gradins qu'il faut gainer de bois... Sans compter les cantines pour ravitailler bénévoles et services de sécurité, soit plusieurs centaines de personnes par meeting".

A l'origine, Sarkozy devait faire une campagne éclair, comme François Mitterrand en 1988. Mais distancé dans les sondages, il a réclamé toujours plus de meetings. Il y en eu 42.


*** Sources
- Carole Barjon, Le quitte ou double de Sarkozy, Nouvel Obs n°2587, 05.06.2014
- G. Davet, F. Lhomme, "La campagne Sarkozy ou la folie des grandeurs", Le Monde, 05.06.2014

Meeting de Sarkozy



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