Fusion RG/DST : les nouveaux services de renseignement français

Enquete · 13 sep. 2007 à 12:44

La fusion des RG et de la DST

Aujourd'hui, Michèle Alliot-Marie a inauguré, à Levallois-Perret, le bâtiment qui abritera les nouveaux services de renseignements français composés des RG (Renseignements Généraux) et DST (Direction de la Surveillance des Territoires). La fusion de ces deux services aboutit à la naissance de la DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur). C'est Nicolas Sarkozy qui est à l'origine de ce projet débuté lorsqu'il était encore ministre de l'Intérieur. L'objectif est de mieux coordonner les différents services de renseignements en les organisant différemment dans un souci d'efficacité.

Revue de presse du jeudi 13 août 2007

Toute la presse revient sur cette réforme en profondeur des services de renseignement. Aujourd'hui, "La ministre de l'intérieur présente le nouveau visage des services de renseignement français" titre Le Monde. Le Figaro annonce "La fin des RG et la réforme de la DST" quand le NouvelObs préfère titrer "Alliot-Marie fusionne les RG et la DST".

Objectif : créer un grand service de Renseignement plus cohérent

A l'origine, les Renseignements Généraux avaient pour but de surveiller et d'enquêter sur les mouvements sociaux, terroristes, extrémistes, et sur les violences urbaines. Ce travail d'analyse permettait d'alerter les autorités sur l'Etat de la société. La Direction de la Surveillance du Territoire (DST) était spécialisée dans le contre-espionnage et la lutte contre le terrorisme. Historiquement, ces organismes avaient des missions différentes mais avec les redécoupages successifs de leurs compétences, la DST et les RG ont fini par faire doublon dans certains domaines. Le pouvoir exécutif a donc décidé de fusionner les RG et la DST pour créer un service de Renseignement plus efficace.

Les 4 départements de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI)

La fusion RG/DST donne lieu à un redécoupage des services de renseignement. Désormais, la nouvelle DCRI, composée de 5000 fonctionnaires, comprend quatre départements : le contre-espionnage (effectué auparavant par la DST), la lutte contre le terrorisme (DST et RG s'en occupaient sans véritable coordination), l'intelligence économique (veille assurée par les RG auparavant), la contestation sociale (manifestations, mouvements sociaux, sectes).

La dislocation des Renseignements Généraux

La création de la DCRI aboutit de fait à la dislocation des Renseignements Généraux. Plusieurs sections et de nombreux fonctionnaires vont être redéployés dans d'autres services de l'Etat ou des régions. Ainsi, la section "courses et jeux" des RG va rejoindre la direction centrale de la police judiciaire. Les fonctionnaires des RG qui travaillent en région pour surveiller les manifestations vont être transférés dans les directions départementales de la sécurité publique.

Une réforme menée directement par l'Elysée

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, n'était pas favorable à cette fusion, considérant que les fonctionnaires de ces différents services de Renseignement avaient des cultures de travail trop différentes. Mais cette fusion était souhaitée par Nicolas Sarkozy, au nom de l'efficacité. C'est donc Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, qui a dessiné les contours de cette fusion pour rationnaliser ces services. L'ensemble devrait être dirigé par Bernard Squarcini, proche de Nicolas Sarkozy et actuel directeur de la DST.

*** Liens

- Qu'est-ce que les Renseignements généraux ?
- Fonction publique : un plan de rigueur qui ne dit pas son nom

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