L'affaire de l'appartement de la CGT : le maçon militait à l'UMP, le logement avait déjà été rénové

Le Canard enchaîné · 15 nov. 2014 à 19:59 · Commentaires 0

Appartement de la CGT

Décidément, l'affaire est encore plus embarrassante que prévue. Le 29 octobre, Le Canard enchaîné révélait que la CGT avait payé 130 000 euros de travaux (en fait, 105 000 euros selon le dernier chiffre officiel) pour l'appartement de fonction de son secrétaire général, Thierry Lepaon. Des travaux faramineux, pris en charge par le syndicat, alors même qu'il ne s'agit que d'une location. Selon le devis, que Le Canard s'était procuré, tout avait été refait à neuf : "la plomberie, l'électricité, le sol, dont la moquette a été remplacée par du parquet flottant, les peintures. Une salle de bains et une cuisine flambant neuve ont été installées", détaillait l'hebdomadaire.

Pour couper court à la polémique, la CGT avait précisé que l'appartement avait besoin d'être rénové et que le loyer, de 2000 euros par mois, était une affaire pour un appartement de 120 m² donnant sur le bois de Vincennes.

L'appartement avait déjà été rénové

Affaire réglée ? Non, car Le Canard enchaîné vient d'en remettre une double couche. Et c'est accablant : la location n'a rien d'une affaire, car selon l'hebdomadaire, l'appartement ne fait pas 120 m² mais 79 m². A 2000 euros par mois, la CGT le loue donc au prix du marché. Autre mensonge : l'appartement n'avait pas vraiment besoin d'être rénové. Et pour cause : "l'appartement venait tout juste d'être refait par le propriétaire ! Pas une rénovation de haut standing, mais un coup de peinture blanche passé sur les murs, une moquette neuve et des meubles Ikea posés dans la cuisine", raconte l'hebdomadaire.

Le coût de cette rénovation aurait pu être divisé par deux ou trois

Dans cette affaire, il y a donc deux gagnants : le propriétaire (qui pourra récupérer un appartement flambant neuf après la fin du bail sans avoir dépensé le moindre euro) et... la société qui a effectué les travaux. Car les prix qui ont été pratiqués sont "affolants", selon Le Canard pour qui le coût de cette rénovation aurait pu être divisé par deux ou trois. Un exemple ? Les WC de Lepaon "recèle pour 4 453 euros de fournitures ! Dont 1 397 euros pour une cuvette classique (sans travaux de plomberie) et 1 595 euros de lave mains. En prime, 689 euros pour le porte-papier mural avec couvercle, le porte-balai mural et le porte-serviettes à deux bras mobiles". Un véritable trône...

Le jackpot a bénéficié à une société dont l'un des gérants est un responsable UMP

Ironie de l'histoire, l'entreprise qui a déroché le jackpot compte parmi ses dirigeants et associés... un responsable de l'UMP de Seine-Saint-Denis. Cet élu municipal de trente ans, ancien secrétaire général du groupe UMP au conseil général, n'a pas souhaité répondre au Canard. CGT-UMP, voilà une union qu'on n'attendait plus.


*** Sources
- Hervé Liffran et Christophe Nobili, "L'appartement de Lepaon truffé de bobards", Le Canard enchaîné n°4906, 05.11.2014
- Hervé Liffran et Christophe Nobili, "Le maçon de Lepaon milite à l'UMP", Le Canard enchaîné n°4907, 12.11.2014

Lepaon et Le Canard



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