Le coût exorbitant du nouveau bâtiment des services de renseignement

Brèves · 4 mar. 2008 à 23:03

Direction Centrale du renseignement Intérieur

Début septembre, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, inaugurait le nouveau bâtiment des services de renseignement français situé à Levallois-Perret. La fusion des RG (Renseignements Généraux) et de la DST (Direction de la Surveillance des Territoires) avait été décidée par Nicolas Sarkozy. Le choix de la ville de Levallois-Perret n'était pas le fruit du hasard, puisque cette commune est administrée par Patrick Balkany, ami intime de Nicolas Sarkozy.


La toute nouvelle DCRI (Direction Centrale du Renseignement Intérieur) est donc dans ses nouveaux murs depuis plus de 6 mois. Mais le rapport 2008 de la Cour des comptes révèle que ce bâtiment hautement sécurisé a eu un coût exorbitant pour trois raisons :

1. Pas d'appel d'offre pour l'implantation du site

Premier problème : l'implantation du nouveau bâtiment des services de renseignements s'est faite sans appel d'offre. Il apparait que le bâtiment situé à Levallois-Perret n'avait pas le meilleur rapport qualité/prix. Deux autres sites semblaient disposer de plus d'atouts mais aucun appel d'offre n'a eu lieu.

2. Un loyer payé à un intermédiaire

Deuxième problème : le loyer est très élevé. En 2005, une fois le choix du site arrêté, l'Etat a négocié le loyer avec le propriétaire du bâtiment pour un bail d'une durée de 12 ans. Un premier chiffre a circulé : 9 millions d'euros par an, hors taxe. Mais, contre toute attente, un mois après, le propriétaire du bâtiment décide finalement de le vendre, plutôt que de le louer. Faute de montage financier crédible, l'Etat n'a pu se porter acquéreur et a dû avoir recours à un intermédiaire, le groupe privé "Icade", qui a acheté le bâtiment pour le louer à l'Etat. La cour des comptes a donc relevé une anomalie : l'Etat a tout financé mais a délégué la transaction à un acteur privé sans avoir recours à une étude préalable.
Or, le prix du loyer aurait flambé entre temps et l'option d'achat du bâtiment par l'Etat en 2026 à cette société privée aurait considérablement alourdi la note. En clair, selon le rapport de la cour des comptes, si l'Etat s'était porté acquéreur tout de suite, au lieu de passer par cette société privée, il aurait économisé environ 40 millions d'euros, par rapport à l'accord actuel.

3. D'importants travaux sont nécessaires

Pire, le nouveau bâtiment nécessite d'importants travaux pour que les services de renseignement soient pleinement opérationnels. Et le ministère de l'Intérieur aurait mal évalué le coût de ces travaux, qui aurait augmenté de plus de 70% en quelques mois. Les travaux seront "longs et coûteux" selon le rapport de la Cour des comptes.

Les rapports de la Cour des comptes sont souvent longs et fastidieux. Ces données chiffrées sont parfois obscures et peu exploitées par les médias. Pourtant, on peut s'étonner de l'improvisation avec laquelle le choix de ce bâtiment, sur ce site, a été fait, au nom d'un clientélisme qui apparaît évident. Mais cela, le rapport de la Cour des comptes ne peut l'affirmer explicitement.



*** Source
- Rapport de la Cour des comptes, Edition 2008

Retour sur...

> Fusion RG/DST : les nouveaux services de renseignement français

Dossier RG et DST

*** Liens

- Qu'est-ce que la Cour des comptes ?
- Qu'est-ce que les Renseignements Généraux ?

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