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Biographie de Jean-Marc Ayrault.
Depuis 1997, Jean-Marc Ayrault est le président du groupe socialiste
à l’Assemblée nationale. Maire de Nantes, cet ancien professeur
d’allemand s’est imposé au PS au point de rempiler encore pour
cinq ans à la tête des députés socialistes. Mais qui
est-il vraiment ?
Jean-Marc Ayrault est né le 25 janvier 1950 à Maulévrier
dans le Maine-et-Loire. Son père était ouvrier dans une industrie
textile, qui a été reprise plus tard par l'un de ses frères.
Aîné des 5 enfants, Jean-Marc Ayrault est issu d'une famille catholique
où le travail et la rigueur constituent les principales vertus. Il vient
donc d'un milieu progressiste mais plutôt conservateur sur le plan des valeurs.
Très tôt, Jean-Marc Ayrault s'engage : d'abord au sein du Mouvement
rural de la jeunesse chrétienne (MRJC) à Maulévrier, sa ville
natale qui s'étend entre Nantes, Angers et Cholet. Par la suite, il rejoint
la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC), puis l'Action catholique
ouvrière (ACO) avant d'adhérer au Parti Socialiste au lendemain
du congrès d'Epinay en 1972.
C'est lors de ses années de militant qu'il rencontre sa femme, originaire
de Maulévrier, qui deviendra enseignante comme lui. Après des études
secondaires au lycée de Cholet, il obtient une licence d'Allemand à
la faculté de Nantes. L’année suivante, il passe le concours
du CAPES pour devenir enseignant d'allemand. Sa carrière d'enseignant débute
en 1973, au lycée de Rezé puis de Saint-Herblain.
Parallèlement à sa carrière d'enseignant, Jean-Marc Ayrault
milite au Parti Socialiste. Cinq ans après son entrée au PS, il
parvient à se faire élire maire de la ville de Saint-Herblain, jusque
là détenu par le RPR. En 1977, à 27 ans, il devient donc
le plus jeune maire de France d'une commune de plus de 30 000 habitants.
Neuf ans plus tard, lors des législatives de 1986 qui voient la victoire
de la droite de Jacques Chirac, Jean-Marc Ayrault parvient à se faire élire
député.
Trois ans plus tard, il poursuit son ascension politique en renonçant à
la mairie de Saint-Herblain pour se présenter aux municipales à
Nantes, ville détenue par la droite. Il remporte ses élections et
va faire de la mairie de Nantes sa carte de visite pour un destin national. Après
la fermeture des chantiers navals en 1986, Nantes cherchait un nouveau souffle.
Depuis 1989, Jean-Marc Ayrault a considérablement changé le profil
de la ville. Réélu trois fois à la tête de cette métropole
régionale, il peut se vanter d'avoir un bilan local très positif
au point d'étouffer toute opposition. La droite peine à attaquer
le bilan du maire. En 2001, il a même été réélu
dès le premier tour, événement très rare pour une
agglomération de cette taille.
Parallèlement à sa légitimité locale, il entame une
carrière nationale en intégrant le bureau exécutif du Parti
Socialiste. En 1997, brillamment réélu dans sa circonscription,
Jean-Marc Ayrault est nommé président du groupe socialiste à
l'Assemblée nationale en raison de son sérieux et de son enracinement
local. A ce poste, il se montre exemplaire : travailleur, à l'écoute,
il fait l'unanimité au sein du groupe des députés socialistes
même si on lui reproche son caractère trop lisse.
Entre la mairie de Nantes, la présidence du groupe socialiste à
l'Assemblée et le travail au bureau politique du PS, il faut une organisation
millimétrée. Ainsi, il partage son temps entre Nantes et Paris et
travaille en équipe. Tous les mardis matin, à bord du TGV Nantes-Paris,
il travaille avec ses collaborateurs sur les dossiers de la mairie. Une fois arrivés
à Paris, ces derniers repartent aussitôt vers la Loire-Atlantique.
A force de cumuler les fonctions, Jean-Marc Ayrault doit cumuler les équipes
: il compte une vingtaine de collaborateurs pour la gestion de la mairie, une
dizaine pour la gestion de la communauté de commune "Nantes Métropole"
et une quarantaine pour la politique nationale à Paris. Autrement dit,
Jean-Marc Ayrault dispose de près de 70 fidèles collaborateurs travaillant
pour lui.
Bourreau de travail, le maire doit également sa réussite à
une gestion de proximité : dans la ville de Nantes, il se tient au courant
de tout et ses équipes sont chargées de prendre en compte toutes
les demandes et les réclamations des habitants. Jean-Marc Ayrault est donc
un notable local reconnu.
Sur la scène nationale, c'est plus compliqué. Après 10 ans
de présidence du groupe socialiste et alors que les députés
souhaitaient un renouvellement des cadres pour traduire le besoin de rénovation,
Jean-Marc Ayrault a finalement réussi à se faire réélire
pour cinq ans à la tête des députés socialistes en
juin 2007. En échange, il a promis de mener une profonde rénovation
politique du PS, à commencer par la formation d'un cabinet fantôme,
l'équivalent d'un gouvernement fictif chargé de faire des contre-propositions
au gouvernement Fillon. L'objectif est de bâtir une opposition active et
constructive à l’Assemblée nationale.
Malgré cela, il a de sérieux handicaps pour prétendre à
un destin national de grande envergure. Bosseur, Jean-Marc Ayrault est aussi très
austère, voire distant. Il est plus à l'aise dans les réunions
de travail que dans les manifestations publiques ou dans les meetings. Ces partisans
relèvent une timidité de caractère, d'autres, plus acerbes,
parlent plutôt d’un manque de charisme. Et six mois après sa
constitution, le contre-gouvernement est mort-né.
Préférant ignorer les critiques, Jean-Marc Ayrault poursuit sa trajectoire
politique. Il va briguer un nouveau mandat de maire de Nantes en 2008 et compte
bien participer activement à la rénovation du Parti Socialiste.
Proche de François Hollande, il avait apporté très tôt
son soutien à Ségolène Royal au point qu'on évoquait
sa nomination au poste de Premier ministre en cas de victoire de la candidate
à la présidentielle. Depuis, Jean-Marc Ayrault lui est resté
fidèle en ne participant pas au lynchage de la candidate au lendemain de
sa défaite.
En cas de victoire de Ségolène Royal au congrès du PS, Jean-Marc
Ayrault pourrait alors se rapprocher un peu plus du pouvoir. A moins que les candidats
potentiels à la présidentielle (Hollande, Royal, Delanoë) se
neutralisent et choisissent un Premier secrétaire de transition. Jean-Marc
Ayrault en aurait le profil.
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