Pourquoi François Hollande est devenu la nouvelle cible de ses « amis » au PS

Revue de presse · 26 mai 2011 à 19:58

Primaires Hollande

Ca chauffe chez les socialistes. Tandis que DSK est inculpé à New York et que sa participation aux primaires est désormais impossible, la partie devrait se jouer entre la Première secrétaire du parti, Martine Aubry, et son prédécesseur, François Hollande, largement en tête dans les sondages. Sauf que, les éléphants d'une part comme les outsiders (Manuel Valls, Pierre Moscovici ou Arnaud Montebourg) n'entendent pas laisser ces deux rivaux s'affronter sans riposter.
Car les premiers veulent absolument éviter de se retrouver avec un Hollande candidat à la présidentielle, les seconds veulent également défier leurs aînés.

Alliance nouvelle entre Aubry et Royal

Libération rapporte que le numéro 1 des sondages serait vilipendé par les dirigeants socialistes décidés à trouver un autre leader, malgré une cote de popularité indéniable. Ainsi, pour contrer Hollande, les éléphants ont commencé par organiser un meeting commun de Martine Aubry et sa rivale d'autrefois, Ségolène Royal mardi 24 mai à Poitiers. Envoyant une pique à l'ancien Premier secrétaire, Ségolène Royal lance à un journaliste en riant : « Je vois que vous devez être très surpris de voir les socialistes rassemblés mais il va falloir vous y habituer, parce que nous défendons ensemble le même projet. M. Hollande est le bienvenu pour défendre le projet dans la région, et d'ailleurs vous serez peut-être aussi nombreux. » Laurent Fabius a déclaré publiquement qu'il se rangeait aux côtés de la Première secrétaire du PS : « Je pense qu'aujourd'hui, c'est Martine Aubry qui possède le mieux les qualités » pour être candidate car « elle a l'expérience gouvernementale, elle a été ministre de François Mitterrand, numéro deux de Lionel Jospin, elle a rassemblé le Parti socialiste, ce qui n'était pas facile du tout, elle a rassemblé sa ville, la communauté urbaine [...]. Elle a une troisième qualité, ça peut être la première femme présidente de la République. » Au final, au-delà de Laurent Fabius, c'est encore Bertrand Delanoë, Benoît Hamon Henri Emmanuelli et les strauss-kahniens qui se rallient à la dirigeante du parti.

Tout sauf Hollande

Le mot d'ordre est clair au PS : l'élection présidentielle devra se faire sans François Hollande. La Première secrétaire, qui jusqu'alors se montrait discrète quant à sa présence aux primaires, aurait lâché, selon Les Inrocks, « qu'elle ne laisserait « jamais » François Hollande devenir le candidat des socialistes en 2012 ». Ce dernier continue inlassablement à sillonner la France, pour faire campagne, feignant de ne pas craindre le front hostile qui s'oppose à lui : « Ils veulent me réserver le sort de Rocard face à Mitterrand ». Rassuré par le fait que les sympathisants de gauche et pas seulement les adhérents au PS puissent voter aux primaires, Hollande se veut optimiste. Malgré les critiques dont il fait l'objet au sein même d'une partie de l'état-major du PS. On lui reproche par exemple son manque d'expérience ministérielle : contrairement à Martine Aubry, Ségolène Roya, l'ancien Premier secrétaire du PS n'a jamais obtenu de portefeuille ministériel. Ensuite, on déplore son bilan au sein d'un parti où il fut onze ans le chef. Rue89 enfin détaille les quatre raisons qui expliquent les paroles extrêmement sévères de Martine Aubry à l'égard de François Hollande. D'abord, la Première secrétaire du PS ne supporte pas que son rival puisse utiliser Jacques Delors comme père spirituel en lançant par exemple sa campagne à Clichy-la-Garenne, commune dont Delors fut maire. Ensuite, la Première secrétaire pense que Hollande, en 2006, « a tenté de torpiller sa carrière » en ne lui facilitant pas la possibilité de se faire élire députée dans la deuxième circonscription du Nord (Lille-Est) comme il le lui avait fait entendre dans un premier temps. Aubry reproche à Hollande de ne pas avoir su tenir le parti en laissant « Fabius faire campagne pour le “non” [au référendum sur le Traité constitutionnel européen] alors que les militants socialistes avaient choisi le “oui” au terme d'une consultation organisée au sein du parti ». Selon elle, le Premier secrétaire a fait preuve de faiblesse et a attisé les les conflits internes. Enfin, pour finir de l'accabler, elle estime que « « Flanby » (copyright Montebourg) » ne peut prétendre devenir président car il n'a « jamais travaillé » mais a fait preuve de « mollesse » et d'« immobilisme ».

François Hollande, à l'instar de Ségolène Royal en 2008 au congrès de Reims, est le candidat à abattre. Les critiques fusent de tout côté tandis que Pierre Moscovici, Manuel Valls et Arnaud Montebourg font du coude pour se placer. Montebourg, officiellement candidat aux primaires socialistes depuis le 19 novembre 2010, se veut particulièrement optimiste en déclarant dans Libération : « Je n'exclus pas, pour ma part, puisque ma candidature est définitive, d'être au deuxième tour de la primaire. » La hache de guerre entre les socialistes est définitivement déterrée.

ASD


Sources - Hélène Fontanaud, « Au PS, François Hollande devient la cible numéro un », Les Inrock, 20 avril 2011.
- Mathieu Deslandes, « Pourquoi Martine Aubry ne peut pas encadrer François Hollande », Rue89, 25 mai 2011.
- Laure Bretton, « Hollande et les éléphants flingueurs », Libération, 26 mai 2011.




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