Financement des partis : le cadeau de 1,8 million d’euros pour éponger les dettes du Mouvement national républicain, fondé par Bruno Mégret

Brèves · 10 jan. 2011 à 07:40

Financement du MNR

Plus de 1,8 million d'euros ont fait pschitt. Dans son rapport annuel publié en décembre denier, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a relevé une bizarrerie dans les comptes du parti d'extrême droite fondé par Bruno Mégret : les rapports des commissaires aux comptes laissent apparaître des "produits exceptionnels" pour plus de 1,8 million d'euros. Il s'agit d'abandons de créances de la part de fournisseurs visiblement très généreux. Certes, le financement du Mouvement national républicain a été certifié par deux commissaires aux comptes. Tout est légal donc. Mais comment expliquer un cadeau aussi important ? Mystère.

Selon Le Monde, "l'un de ces généreux créanciers laisse ainsi 1 306 739 euros en échange d'un simple engagement pour le parti de faire appel à ce prestataire pour les élections futures. Un énorme cadeau au parti de Bruno Mégret pour lequel la commission s'interroge : l'abandon de créance peut être assimilée à un avantage en nature consenti par une personne morale, ce qu'interdit la législation sur le financement des partis". Le parti d'extrême droite peut-il être inquiété ? Suspense... et bien non !


Le quotidien précise que "la Commission n'étant pas dotée de pouvoir d'investigation et "n'étant pas en mesure de connaître dans le détail la nature de l'avantage ainsi concédé", elle laisse aux commissaires aux comptes le soin d'apprécier le risque de fraude". Le MNR peut donc être tranquille, il ne sera pas inquiété sur ce point.



>> Au Front National aussi, tout va bien : lisez l'enquête du Canard enchaîné sur la fortune de Jean-Marie Le Pen

Le Pen, milliardaire



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RAPPEL : Selon le bon vieux principe, "tout le monde le fait alors moi aussi et de toute façon ça ne se verra pas", les politiques détournent depuis des années l'esprit de la loi sur le financement des partis politiques. Si tout est légal sur le plan juridique, personne n'est dupe sauf les citoyens qui l'ignorent : les politiques multiplient les structures et les combines pour amasser le plus d'argent possible afin de financer leur activité politique.
Episodes précédents :
- Le parti radical de Borloo verse des milliers d'euros à des organismes non identifiés
- Le micro-parti de Valérie Pécresse a collecté la somme record de 400 000 euros en 2009

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