Le gouffre financier du musée Chirac : 1,5 million d'euros par an pour les contribuables

Revue de presse · 4 jan. 2011 à 07:39

Musée Chirac

Que Chirac coûte encore aux contribuables, cela n'étonnera plus personne. Mais à ce point-là, on était loin de l'imaginer. Dans un rapport datant d'octobre, mais qui n'a été rendu public que la semaine dernière par Le Monde, la chambre régionale des comptes s'est agacée du coût de fonctionnement d'un établissement public de Corrèze : le musée Chirac. Ouvert en 2000, le musée - qui expose les cadeaux reçus par Jacques Chirac au cours de ses deux mandats présidentiels - est situé à Sarran, village de Corrèze comprenant à peine 300 habitants.

Un musée présidentiel perdu au milieu de nulle part ? Il fallait y penser. Mais avec un coût de fonctionnement qui échappe à toute logique, c'est encore mieux...

Musée Chirac dans Le Monde

Des travaux d'agrandissement qui ont coûté plus de 10 millions d'euros

C'est le département de Corrèze, fief historique de Jacques Chirac, qui a financé le coût des travaux de ce musée, estimé à 7,1 millions d'euros. Construit en 2000, le musée Chirac, d'une surface de 5 000 m², a accueilli jusqu'à 144 000 visiteurs la deuxième année de son exploitation. Un succès ? Très éphémère, car la fréquentation du musée n'a cessé de baisser de 2000 à 2006, passant de 144 000 à 28 500 personnes.
Face à ce reflux, le conseil général de Corrèze, présidé par l'ancien suppléant de Chirac à l'assemblée, a eu la bonne idée... d'agrandir le musée !
Selon le rapport, l'extension de 3000 m² décidé en 2004 a coûté plus de 9,5 millions d'euros. Chiffre totalement aberrant quand on sait que le bâtiment initial a coûté moins cher pour une surface plus grande. Et ce n'est que le début d'une vaste farce budgétaire...

En 2008, les recettes s'élevaient à 200 000 euros pour 1,7 million d'euros de dépenses

Le billet d'entrée n'est que de 3,30 euros. Mais la chambre régionale des comptes a fait son petit calcul : vu le coût de fonctionnement et le peu de fréquentation, chaque visiteur coûte en réalité près de 30 euros au conseil général de Corrèze. Ainsi, en 2008, le musée a enregistré 200 000 euros de recettes contre 1,7 million d'euros de dépenses pour la même année. La masse salariale est supérieure à 400 000 euros par an et le coût de la maintenance du bâtiment s'élève à 488 000 euros par an. Quand on sait que le département de Corrèze est le plus endetté de France...

Le restaurant subventionné a englouti 270 000 euros

Si les cadeaux de la présidence Chirac ne vous intéressent pas (on ne voit vraiment pas pourquoi), vous pouvez toujours aller au restaurant du musée qui a la particularité d'être quasiment subventionné par le Conseil général : "la chambre régionale des comptes du Limousin estime qu'il a déjà coûté 270 000 euros aux contribuables, puisque la convention déléguant sa gestion à une société privée prévoyait une prise en charge des pertes à hauteur de 80% au départ, et à 45% après cinq ans en 2008" indique Le JDD. Un restaurant subventionné, là aussi, il fallait y penser...

Une fréquentation qui ne baisse plus grâce à Dior

Face à ce gouffre financier, le conseil général de Corrèze, présidé par François Hollande depuis 2008, aurait pu fermer le musée et le restaurant. Mais on ne fait pas ça à un ancien président. Hollande a donc décidé de faire d'importantes économies. Appréciez l'effort : le nombre d'employés est passé de 13... à 10. Certes, les frais ont été réduits mais les aberrations subsistent. Ainsi, le fameux restaurant subventionné le sera toujours : une nouvelle convention signée pour la période 2008-2013 prévoit que les fonds publics seront mobilisés jusqu'à un euro par convive. Pas mal le concept de resto du coeur pour touristes, non ?

Quant à la fréquentation, elle se porte mieux : il y a eu 46 953 entrées en 2009 et 62 000 en 2010 (soit tout de même deux fois moins qu'en 2001 pour une surface qui a quasiment doublé). Et par quel miracle les visiteurs sont-ils revenus ? Par la grâce de Bernadette (Chirac) qui n'a sans doute eu aucun mal à convaincre le conseil d'administration de LVMH (elle en est membre) d'organiser une exposition temporaire sur Christian Dior. Les esprits chagrins pourront toujours dire qu'une telle exposition n'a plus aucun rapport avec un musée sur les cadeaux de la présidence. Détrompez-vous ! Encore un peu plus de bling-bling et une expo temporaire de ray-ban et le musée présidentiel pourra changer de nom...

*** Liens

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BONUS : Déclaration de patrimoine : Jacques Chirac plus pauvre en 2007 qu'en 2002

CFo

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