Qu'est devenu Philippe Douste-blazy ?

Thematiques · 19 juin 2008 à 22:49

Douste Blazy à l'ONU

Ancien maire de Toulouse, ancien ministre de la Santé dans le gouvernement Raffarin, ancien ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement Villepin, Philippe Douste-Blazy est sur la touche depuis l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Symbole de l'équipe précédente, il n'entrait pas dans les papiers d'un président de la République qui voulait marquer une rupture. Sans mandat, il avait tout de même trouvé refuge comme conseiller de l'Elysée, avec la bienveillance de Nicolas Sarkozy. Avec une carrière politique au point mort, il a donc cherché à rebondir à l'étranger en entrant à l'ONU comme secrétaire général adjoint. Un poste important selon lui, une coquille vide disent certains.

Que fait concrètement Philippe Douste-Blazy ?

Chiraquiens

Un dilettante qui parvient toujours à rebondir

Dans les différents ministères qu'il a dirigés, Philippe Douste-Blazy n'a pas laissé de grand souvenir. Plus communiquant que bûcheur de dossier, il a participé à tous les gouvernements depuis 2002 sans laisser son nom à une grande réforme. En tant que ministre de la Santé, il a bien fait voter une loi pour résorber le déficit de la Sécurité sociale mais elle a été inefficace. Aux ministères des Affaires étrangères, ses improvisations et son manque de connaissance des dossiers avaient fini par agacer les diplomates du quai d'Orsay. Douste-Blazy, dont la réputation de dilettante l'a poursuivi dans chacun des ministères, ne s'en émeut pas pour autant. Malgré les obstacles, il a toujours réussi à rebondir.

Un poste de numéro 2 de l'ONU ?

Trop à l'étroit dans son costume de simple conseiller de l'Elysée, Philippe Douste-Blazy a été nommé secrétaire général adjoint de l'ONU en février dernier comme l'a révélé Rue89. Aux dire de l'ancien ministre, ce poste à l'ONU lui permet de revenir au premier plan, à l'instar de Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds Monétaire International. L'exil à l'étranger a donc été le choix de Philippe Douste-Blazy pour pouvoir mieux revenir à son retour en France.
Cette nomination a été présentée par lui-même comme une reconnaissance de son travail en tant que ministre des Affaires étrangères. Il a rejoint le siège de l'ONU à New York et à la presse, il s'est attaché à "vendre" cette nomination comme une consécration. Certains ont même fini par se convaincre qu'il était devenu numéro 2 de l'ONU. "Douste-Blazy rejoint le club des 'SGA' (secrétaires généraux adjoints) qui dirigent les grands départements de l'ONU et la représentent sur les théâtres de crise" écrivait par exemple Le Figaro.

Un secrétaire général parmi... 80 autres

En réalité, Philippe Douste-Blazy n'a pas rejoint la direction de l'ONU. Ce poste de secrétaire général adjoint n'est pas un poste de cadre, et encore moins de numéro 2. Aujourd'hui, il y a près de 80 secrétaires généraux différents. Parmi ces 80 "SGA", certains dirigent effectivement des départements importants de l'organisation. Mais d'autres exercent la fonction de simples conseillers, à titre bénévole. Or, comme le souligne Rue89, Philippe Douste-Blazy appartient à cette deuxième catégorie. Autrement dit, de simple conseiller de l'Elysée rémunéré, il est devenu conseiller bénévole de l'ONU à New York. Tout l'enjeu de la manoeuvre de Douste-Blazy a donc été de faire croire aux médias que ce poste secondaire était un poste important.

Un conseiller spécial sans rémunération et sans bureau ?

Dans un communiqué, l'ONU a tenu à clarifier la situation de Philippe Douste-Blazy en précisant qu'il avait été nommé "Conseiller spécial pour les sources novatrices de financement du développement" avec le titre symbolique de secrétaire général adjoint, qu'il n'était pas payé pour ce travail et qu'il ne disposait même pas de bureau au siège de l'ONU à New York puisqu'il est censé rester à Paris.
Malgré ce communiqué, Philippe Douste-Blazy a tenté de faire bonne figure auprès des journalistes en démentant les informations de l'administration onusienne : il compte bien s'installer à Manhattan avec une équipe d'une trentaine de personne. Qui dit vrai ?

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