Quand Aphatie dénonce la bienveillance de l'UMP à l'égard de Tibéri, Michèle Alliot-Marie reste de marbre

Télévision · 29 mai 2009 à 21:27

Jean-Michel Aphatie et Jean Tiberi

Jean Tiberi a été condamné par le Tribunal correctionnel de Paris pour [a]"atteinte à la sincérité d'un vote par manoeuvre frauduleuse". L'ancien maire de Paris écope de trois ans d'inéligibilité, 10 mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende. Après douze ans de procédure, la justice a donc enfin tranché. Il y avait bien des électeurs fantômes dans le Ve arrondissement de Paris entre 1995 et 1997. Mais voilà, Jean Tiberi a fait appel, la condamnation est donc suspendue et l'ancien maire de Paris est redevenu "présumé innocent".


Une aubaine pour l'UMP - dont Tiberi est membre - qui refuse de commenter la condamnation. Insupportable pour Jean-Michel Aphatie qui a dénoncé cette bienveillance à l'égard de l'ancien maire de Paris lors du Grand Journal de Canal +, jeudi 28 mai 2009.

La charge de Jean-Michel Aphatie

Le jugement du tribunal correctionnel est terrible. Les juges disent que Jean Tiberi, élu du Ve arrondissement, a participé au trafic du suffrage universel. La formule des juges est celle-ci "Jean Tiberi est complice de la fraude électorale, ayant apporté son aide et son assistance aux auteurs de faits". Pour un élu, il n'y a pas pire condamnation, il n'y a pas quelque chose de plus infamant qui puisse être dit sur un élu.

Jean-Michel Aphatie



Jean Tiberi a fait appel de son jugement et c'est son droit de citoyen. Est-ce que cet appel épuise le débat politique ? On constate que depuis que cet appel est connu, les dirigeants politiques et notamment ceux de la majorité se réfugient derrière pour ne pas le commenter. C'est par exemple le cas de Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP qui explique que puisqu'il y a un appel, je n'ai rien à dire, je ne commente pas. Or, il y a une décision de justice. Elle est prise et elle est rendue au nom du peuple français. Elle dit que Jean Tiberi a participé au trafic du suffrage universel.

Jean-Michel Aphatie - journaliste



Jean Tiberi peut-il continuer à parler au nom de l'UMP ? Jean Tiberi peut-il continuer à représenter l'UMP ? Ce sont tout de même des questions qui se posent (...) Si le dirigeants politiques français avaient le souci de la morale publique, ils feraient en sorte de prendre des distances avec Jean Tiberi puisqu'il a été condamné par le tribunal correctionnel. Il ne s'agit pas d'exclure Jean Tiberi mais au moins de le suspendre, de faire en sorte qu'il ne puisse plus engager le parti qui dirige aujourd'hui la France par ses discours et par ses actes. S'il y avait une telle mesure de prise de distance, cela voudrait dire que la justice et ses décisions sont au-dessus de la défense des amis.

Jean-Michel Aphatie



Les septennats de François Mitterrand et les mandats de Jacques Chirac ont fait du mal à la conscience publique parce qu'ils avaient montré l'inverse, que la justice était en-dessous de la défense des amis. On nous a dit que le quinquennat qui a commencé en 2007 serait un quinquennat de rupture et bien ça c'est un thème de rupture : ne pas refaire ce qui avait été fait par le passé et respecter au nom de la morale publique les jugements rendus par la justice française.

Aphatie sur Canal +

Réponse de Michèle Alliot-Marie

Il y a des règles de droit qui doivent être respectées, notamment celles qui consistent à dire qu'un jugement n'est appliqué que lorsqu'il est devenu définitif. Un jugement définitif, c'est un jugement qui existe lorsque les différents recours ont été faits.

CQFD.

Michèle Alliot-Marie sur Canal +

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