Comment étaient désignés les présidents de la République avant 1965 ?

Brèves · 5 août 2007 à 19:04

Comment étaient désignés les présidents de la République avant 1965 ?

La question du jour : Comment étaient désignés les présidents de la République avant 1965 ?

IIIe et la IVe République : 1000 électeurs pour les présidentielles

Entre 1871 et 1958, les présidents de la République étaient élus par deux chambres : chambre des députés et sénat. Le rôle du président de la République était essentiellement honorifique, ce qui explique que les principaux présidents de la République de cette époque étaient des personnages de second rang. Les parlementaires (entre 800 et 1000 selon les époques) plaçaient à la tête de l'Etat des personnalités plutôt effacées. Perdant de l'élection de 1920, George Clemenceau déclara même que les députés choisissaient "le plus bête". Le vainqueur, Paul Deschanel, de santé mentale fragile, a d'ailleurs été contraint à la démission au bout de six mois.

Ve République : 81 700 électeurs pour la présidentielle de 1958

Alors que la constitution de la Ve République donnait pour la première fois de l'histoire de France un pouvoir important au président de la République, les rédacteurs du texte constitutionnel n'ont pas souhaité la mise en place du suffrage universel direct. La crainte des constitutionnalistes de l'époque était de voir élire un président communiste, le PC ayant un poids électoral important. En outre, la figure emblématique du général de Gaulle, appelé à l'aide en 1958 et père de la Ve République, ne rendait pas son élection au suffrage universel direct indispensable.
Mais à la différence de la IV République où les présidents étaient élus uniquement par les parlementaires, le collège électoral est élargi à d'autres élus, ce qui le porte à plus de 81 700 électeurs. Le 21 décembre 1958, de Gaulle est élu président de la République avec 78,5% des voix de ces grands électeurs.

La réforme de 1962 à la suite de l'attentat du Petit-Clamart

Le 22 Août 1962, Charles de Gaulle échappe à un attentat de l'OAS (Organisation Armée Secrète, défendant le maintien de la France en Algérie). La voiture du président de la République reçoit plusieurs balles au rond-point du Petit-Clamart à Paris. Cet attentat, ainsi que l'âge de de Gaulle (71 ans) pose la question de la légitimité du président de la République. Très vite, de Gaulle comprend qu'il ne peut asseoir son autorité et sa légitimité qu'en se faisant élire directement par le peuple.
Officiellement, Charles de Gaulle a donc proposé une réforme de la constitution pour légitimer davantage le pouvoir du président de la République à la suite de l'attentat du Petit-Clamart.

Le rapport des RG qui incite de gaulle à instaurer le suffrage universel direct

Une autre version défendue par certains historiens expliquerait ce changement constitutionnel. Début septembre 1962, le ministre de l'Intérieur de l'époque, Roger Frey, aurait reçu un rapport des Renseignements Généraux sur les intentions de vote des grands électeurs pour la deuxième élection présidentielle. Si le mode de scrutin de 1958 avait été maintenu, de Gaulle aurait perdu l'élection face à Antoine Pinay, homme politique de droite extrêmement populaire. De Gaulle aurait été battu notamment en raison de son hostilité à l'égard des partis politiques, et donc des élus locaux. Pour échapper à la sanction de ces notables, Charles de Gaulle aurait donc proposé l'élection présidentielle au suffrage universel direct.

En 1965 a donc lieu la première élection présidentielle au suffrage universel. De Gaulle est élu président de la République au second tour de l'élection face à François Mitterrand.

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