Gouvernement Fillon : ceux qui n'y sont pas

Le Canard enchaîné · 18 mai 2007 à 20:55

Les recalés du gouvernement

Avec seulement 15 ministres, les places dans le gouvernement de François Fillon étaient chères. Il a fallu une semaine de négociations à Nicolas Sarkozy pour aboutir à la composition de l'équipe gouvernementale. Certains ont refusé, d'autres ont été recalés. Le Canard Enchaîné, dans son édition du 16 mai, revient sur les coulisses de la composition du gouvernement.

Patrick Devedjian, la justice lui échappe

Ce proche de Nicolas Sarkozy espérait obtenir le ministère de la Justice. Mais dès l'élection passée, il a commencé à sentir le vent tourné... en deux temps. Il avait d'abord déclaré au lendemain de la victoire qu'il avait perdu un ami mais que la France avait gagné un président. On percevait alors une pointe d'inquiétude. En début de semaine, il a ironisé au conseil national de l'UMP sur la politique d'ouverture concernant la composition du gouvernement. Il souhaitait que cette ouverture aille loin, "jusqu'aux sarkozystes". Finalement, il ne sera donc pas au gouvernement. Il pourrait avoir un lot de consolation avec la présidence du conseil général des Hauts de Seine.

Philippe Seguin refuse la justice

Selon Le Canard Enchaîné, Nicolas Sarkozy a proposé le ministère de la Justice à Philippe Séguin, actuel président de la Cour des Comptes. Celui-ci a refusé. Agé de 64 ans, il peut présider la Cour des comptes jusqu'à 69 ans alors qu'il estimait que la durée de vie d'un ministre est de deux ans. Il a donc préféré assurer son avenir en restant président de la cour des comptes.

Hubert Védrine, ni la Justice, ni les Affaires étrangères

Nicolas Sarkozy aurait d'abord proposé à l'ancien ministre de Lionel Jospin le poste de garde des Sceaux. Mais il ne se sentait pas vraiment à sa place à ce poste. Nicolas Sarkozy lui a alors proposé le ministère des Affaires étrangères mais Hubert Védrine s'est montré trop gourmand : il voulait contrôler tout le ministère et refusait d'avoir des secrétaires d'Etat. Sous Lionel Jospin, il avait déjà exigé le contrôle total du Quai d'Orsay. Face à ces exigences, Nicolas Sarkozy s'est donné le temps de la réflexion et a contacté Bernard Kouchner pour lui proposer le même poste. Hubert Védrine n'est donc pas membre du gouvernement et a déclaré dès l'annonce de la composition du gouvernement qu'il avait lui-même refusé le poste car "le président ne souhaitait pas un ministère fort".

Des noms apparaissent... et puis s'en vont

La liste des prétendants était bien plus longue que le nombre de places. François Baroin ne reste pas ministre de l'Intérieur, Maurice Leroy (UDF) n'est pas ministre de l'agriculture. Claude Allègre a refusé un ministère, Jacques Attali n'a pas encore donné son accord pour une mission auprès du président. Enfin, Anne Lauvergeon, la présidente d'Areva, a, elle aussi, décliné l'offre.
Quant à ceux qui restent sur le carreau, ils se rabattent sur les autres postes à pourvoir : Jean-François Copé et Christian Estrosi veulent prendre la présidence du groupe parlementaire UMP. Patrick Ollier et Bernard Accoyer visent la présidence de l'Assemblée nationale.

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