Sondages : les marges d'erreur et les méthodes de redressement entretiennent une réelle incertitude

Thematiques · 20 avr. 2007 à 17:55

Un nouveau 21 avril ?

Politique.net n'a pas vocation à entretenir des rumeurs, ni de faux suspense. Tous les instituts de sondage indiquent les mêmes tendances : Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal devraient être qualifiés pour le second tour de l'élection présidentielle.
Mais en comparant les sondages de l'élection de 2002 à 3 jours du scrutin, et les derniers sondages publiés cette semaine, on observe que les marges d'erreur et l'incertitude des méthodes de redressement entretiennent une réelle incertitude. Concrètement, François Bayrou peut figurer au second tour. Explications.

L'ordre d'arrivée est identique selon les instituts de sondage

1. Nicolas Sarkozy ferait entre 27% et 30%
2. Ségolène Royal entre 22% et 26%
3. François Bayrou entre 16% et 20%
4. Le Pen entre 13% et 16%.

L'incertitude du score de Bayrou

Tout est joué ? En réalité, subsiste une seule inconnue : le score de François Bayrou. Lorsque l'on regarde de plus près les dernières tendances, à la hausse ou à la baisse, des candidats, les chiffres sont contradictoires. Selon les derniers sondages BVA (format PDF), François Bayrou est en baisse de 3 points sur la semaine avec 15% d'intentions de vote. Mais selon les sondages de la Sofres et de l'IFOP (étude au format PDF), il est en hausse de 2 points sur une semaine avec 19% des intentions de vote.
Ces écarts s'expliquent par le profil de ceux qui seraient susceptibles de voter Bayrou : selon l'IFOP, 39% de ses électeurs sont sûrs de voter pour lui. Dans le même temps, 13% des électeurs de Nicolas Sarkozy pourraient basculer et voter Bayrou, ce chiffre atteint 16% chez les électeurs de Ségolène Royal.

Le précédant de 2002

En 2002, 3 jours avant le fameux 21 avril, Lionel Jospin était crédité de 18% des intentions de vote dans toutes les enquêtes d'opinion, Jean-Marie Le Pen de 13%. Au final, le candidat d'extrême droite avait fait 16,8% et Lionel Jospin 16,3%.
Deux explications : les marges d'erreur dans un sondage fait auprès d'un échantillon de 1000 personnes est d'environ 3%. Par ailleurs, les techniques de redressement qui consistent à augmenter le score de Jean-Marie Le Pen (car ces électeurs n'admettent pas tous au téléphone voter pour lui) aboutissent à des chiffres qui ne sont pas forcément fiables.

Chiffres bruts, Bayrou à 24%

Selon la newsletter du journal Le Monde du 19 avril 2007, les chiffres bruts de François Bayrou seraient de 24% avant redressement, les sondeurs estimant que ce chiffre est surévalué en raison de la fluidité de son électorat.

Par conséquent, rien ne permet d'affirmer aujourd'hui avec certitude que Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal seront au second tour.

Analyse des courbes avant le 21 avril 2002



*** Liens

Sur le web
- "Tendances contradictoires dans les derniers sondages" (Le Monde)
- Sondages IFOP (au format PDF)
- Sondages BVA (au format PDF)
- Sondages Sofres

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