10h26 : Noël Mamère, avocat en sursis
Journaliste, puis homme politique, et dernièrement avocat. Noël Mamère
est un homme polyvalent. Mais il se pourrait qu’il soit contraint à
raccrocher sa robe.
Depuis quelques années, une petit lubie habite les élus ou anciens
gouvernants en mal d’expression. Enfiler la robe d’avocat. Jean-François
Copé, Dominique de Villepin ou plus récemment Noël Mamère,
avides de beaux phrasés, se sont lancés. Avec l’aval du barreau
de Paris qui les a gentiment inscrits.
Las, la tunique d’homme de droit, et c’est fort logique, ne peut s’enfiler
comme la première robe accrochée en rayon. Deux-trois textes de
lois régissent le métier. (...) L’inscription de Mamère,
selon les informations glanées par Bakchich, n’a pas suivi le parcours
habituel. (...)
« La décision d’inscrire Noël Mamère au barreau
ne repose sur aucune base légale, c’est une décision d’opportunité
», a tancé le ministère public, lors d'une audience de la
cour d'appel de Paris le 19 février 2009. La décision définitive
sera rendue le 12 mars.
10h16 : Aubry intègre les royalistes dans une direction en surpoids
Qu'il paraît loin le temps où Martine Aubry, en campagne pour le
poste de premier secrétaire du Parti socialiste, promettait une direction
resserrée pour mieux contrer la politique de Nicolas Sarkozy. La maire
de Lille l'a pourtant martelé à longueur de meetings. Encore le
30 octobre, dans la salle parisienne de la Bellevilloise.
Martine Aubry proposait de créer un "contre-gouvernement" composé
de seize membres. Huit femmes et huit hommes, chacun étant chargé
de suivre un ministre du gouvernement de François Fillon. Un groupe beaucoup
moins nombreux que le secrétariat national du PS sortant, qui comptait
42 membres.Las, la nouvelle première secrétaire a proposé,
et fait voter le 6 décembre, une équipe composée de 38 membres.
Mardi 24 février 2009, six royalistes (en plus de l'aubryiste André
Laignel à l'aménagement du territoire) ont intégré
le secrétariat national. Ce qui porte à 45 les membres de la direction
du PS, sans compter les secrétaires nationaux adjoints.
10h13 : Le Salon de l’Agriculture, 50 ans de terre politique
Chaque année et depuis plus d’un demi-siècle, le Salon de
l’Agriculture à Paris représente un passage obligé
pour les hommes politiques de tous bords. A l’occasion de l’édition
2009, du 21 février au 1er mars, retour en images sur des venues qui ont
marqué l’histoire du Salon.
17h07 : Interdiction de manifester devant Sarkozy au Salon de l'agriculture
Un an après son "casse-toi pov' con", le chef de l'Etat a pris
toutes les précautions pour être bien accueilli par le public, lors
de sa venue ce samedi au Salon de l'agriculture. Pari réussi, mais pari
forcé. Si sa visite s'est déroulée dans un climat chaleureux,
tout avait été prévu pour.
La sécurité, d'abord. En plus des agents de sécurité
élyséens qui guettaient dans les allées alentours, deux cordons
de gardes du corps encadraient Nicolas Sarkozy et le long cortège présidentiel.
Le premier autour de lui, et l'autre pour retenir les visiteurs et exposants qui
n'étaient pas autorisés à s'approcher.
Les médias, ensuite. Entre les deux cordons, quelques journalistes dûment
sélectionnés en possession d'un badge "Présidence de
la République - Pool". Les seuls qui avaient droit de cité
autour du chef de l'Etat. Les autres accréditations de presse ne permettaient
à peine plus de s'approcher qu'un simple ticket d'entrée. Pour beaucoup
de journalistes, impossible d'entendre un seul mot de Nicolas Sarkozy. Surtout,
un bon moyen d'éviter que ressurgisse une vidéo à la "Casse-toi
pov' con", qui avait été filmée l'année dernière
par une agence de pigistes.
10h48 : Les responsables politiques se méfient de plus en plus des petites vidéos
« volées » et postées sur Internet
Silence, on filme…
Elles sont devenues des sources d’angoisse. Les petites vidéos «
volées » et postées sur Internet, amènent les responsables
politiques à adapter leur comportement. Le fameux « Casse toi pauvre
con » prononcé il y a tout juste un an par le président de
la République au Salon de l’agriculture et publié sur Leparisien.fr,
a accéléré la tendance.
Certains conseillers ministériels ont instauré de véritables
codes pour parer à tout accident de communication. « Nous avons mis
en place un signal, explique Pierre-Yves Bournazel conseiller en communication
de Rachida Dati au ministère de la Justice. Lorsque j’aperçois
une petite caméra discrète ou une perche micro bien dissimulée,
je passe ma main rapidement sur la bouche pour indiquer à la ministre qu’elle
peut être enregistrée. »
11h28 : Déploiement matinal des ministres à la radio, mode d'emploi
Les rouages répondent. Comme à chaque lendemain d'allocution présidentielle,
le pouvoir occupe stratégiquement les radios du matin. Hortefeux sur France
Inter, le conseiller social de l'Elysée Soubie sur Europe 1, et Fillon
en invité spécial sur RTL, se sont déployés à
l'aube. Ainsi, mécaniquement, l'opposition socialiste se trouve cantonnée
à quelques formules. Elle s'y est d'ailleurs brillamment préparée.
"On arrose le sable" dit Montebourg. "Ce sont les miettes du festin
des banquiers" dit Hamon. Formules ciselées dans la nuit, et destinées
à tirer le meilleur parti des quelques secondes concédées
par le déploiement.
10h20 : La leçon de com' de maitre Sarko
Marc Landré, chargé des questions sociales au Figaro, analyse la
stratégie de com’ de Sarkozy avec les organisations sociales.
Qu'on se le dise : la "com' à papa", c'est fini. Il n'y a qu'à
voir la manière dont Nicolas Sarkozy a géré la communication
de l'après sommet social pour s'en rendre compte. Pour couper l'herbe sous
le pied des syndicats et les empêcher de trop commenter les annonces qu'il
leur a faites mercredi après-midi, l'appareil gouvernemental a trusté
les antennes des médias. Un vrai travail de pro...
Il y a eu d'abord l'allocution du président de la République lui-même
en ouverture des journaux de 20 heures qui a relégué en deuxième
voire troisième sujet les commentaires de Thibault, Chérèque,
Mailly et consorts. Puis les ministres ont été dépêchés
dans les médias pour prêcher la bonne parole présidentielle
: Luc Chatel sur iTélé, Christine Lagarde dans le Soir 3... Rebelote
jeudi matin à la radio.
20h14 : I-Tele confond Madagascar et la Guadeloupe dans un reportage
Dans un sujet sur la Guadeloupe diffusé sur I>Télé se
sont glissées des images d'émeutes à Madagascar. Il semblerait
que des téléspectateurs de Canal+ et d'I>Télé se
soient émus de cette erreur. Pourtant, le présentateur Bruce Toussaint,
dans l'édition spéciale du 17 février sur Canal+, a démenti
dans un premier temps que ces images proviennent de Madagascar.
Joint par @si, le groupe Canal+, pour sa part, a reconnu l'erreur. "i>Télé
présente ses excuses pour cette erreur malencontreuse qui a conduit à
l’utilisation de 20 secondes d’images de Madagascar sur un sujet consacré
à la Guadeloupe. i>Télé tient à préciser
que le sujet a été corrigé instantanément après
sa première diffusion (13H06) et que dès l’édition
de 13H15 une nouvelle version était à l’antenne".
10h02 : Chirac, le portrait très complaisant du JDD
A 76 ans, le vieux guerrier tient bon. Ses amis le confient, il s'est remis de
son accident vasculaire cérébral et le stimulateur cardiaque qu'il
porte désormais lui a redonné de l'énergie. Mieux: il s'est
remis au travail. Le fonceur hyperactif se serait mué en une sorte de vieux
sage assoiffé de culture. Recentré. Apaisé. Consensuel. Ainsi
va le nouveau Chirac.
Jean-Louis Debré, à qui l'unit une relation quasiment filiale, est
intarissable sur leurs conversations, lors de promenades à pied, le week-end,
dans Paris. "On parle politique, diplomatie, culture, antiquité...
Le drame, c'est que tout le monde l'arrête dans la rue pour le prendre en
photo, et que les patrons de bistrots veulent tous lui offrir une bière
et une assiette de charcuterie", soupire le président du Conseil constitutionnel,
faussement accablé. "Un jour, on est restés coincés
une demi-heure dans une boutique de robes de mariée où il avait
accepté d'entrer, raconte encore Jean-Louis Debré. Une famille au
grand complet faisait poser Chirac avec la future mariée dans sa robe blanche.
C'était surréaliste! Il ne sait pas dire non aux gens. Il me répète:
'Ça leur fait plaisir.' Il est tellement populaire. Une autre fois, dans
une petite rue animée du Quartier latin, il y avait un tel attroupement
autour de nous que des policiers ont dû nous frayer un chemin." Beau
récit.